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Voitures électriques: quelle part de marché anticipée pour 2026?

L’année 2025 a été particulièrement difficile pour le marché automobile français avec un recul global des ventes de véhicules neufs. Néanmoins, dans ce contexte morose, les véhicules électriques ont continué leur progression, soutenus par diverses mesures incitatives et la transformation écologique des flottes d’entreprises. Face à cette dynamique encourageante, une question se pose naturellement : quelle sera la pénétration réelle des véhicules électriques sur le marché français en 2026 ?
Un véhicule neuf sur cinq vendu en 2025 est propulsé par l’électricité
L’année 2025 marque une étape importante dans l’adoption des véhicules électriques en France. D’après les données compilées par l’institut AAA Data, les modèles 100% électriques représentent désormais 20% du total des immatriculations sur l’ensemble de l’année écoulée, avec une accélération notable en décembre où ce taux a grimpé jusqu’à 24%. Cette progression significative s’explique notamment par le dispositif de leasing social, récemment arrivé à son terme, ainsi que par le renforcement des aides gouvernementales, notamment la revalorisation du bonus écologique désormais financé via le mécanisme des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Au total, le seuil des 300 000 véhicules électriques neufs immatriculés a été franchi, témoignant d’une tendance de fond solide malgré un marché global en contraction de 5%.
Dans le segment des particuliers, la mobilité électrique atteint même 30% de part de marché, tandis que les véhicules professionnels affichent un taux d’électrification de 27%. Ces chiffres, bien qu’impressionnants, doivent être nuancés. L’importante progression observée en fin d’année reste fortement corrélée aux dispositifs d’aide, dont l’enveloppe était presque épuisée en décembre. Sans ces mécanismes de soutien, la croissance du marché électrique apparaît plus modérée, notamment face à un prix moyen d’acquisition qui demeure élevé, aux alentours de 43 000 euros.
Parallèlement, les motorisations conventionnelles connaissent un déclin marqué, tant pour l’essence que pour le diesel, tandis que les solutions hybrides, bien que majoritaires dans les ventes, montrent des signes d’essoufflement. La progression de l’électrique semble donc davantage résulter d’un transfert entre catégories que d’une expansion globale du marché automobile.
Quelles perspectives pour les véhicules électriques en 2026 ?
Pour l’année 2026, les projections d’AAA Data tablent sur une relative stabilité du marché automobile français, avec environ 1,62 million d’immatriculations attendues, un niveau comparable à celui de 2025, mais néanmoins en baisse par rapport aux années pré-pandémiques. Dans ce contexte, la part des véhicules électriques pourrait atteindre 25% du marché. Cela représenterait une hausse de cinq points en un an, progression significative mais insuffisante pour transformer radicalement la composition du parc automobile français à court terme.
Cette évolution serait soutenue par une diversification de l’offre des constructeurs, l’introduction de modèles plus abordables et une réduction progressive de l’écart tarifaire avec les véhicules thermiques. Les stratégies des constructeurs s’orientent également vers l’électrification des segments compacts et la poursuite de la transformation écologique des flottes d’entreprises, principal moteur de croissance actuel du marché électrique.
Toutefois, plusieurs facteurs d’incertitude persistent. Le ralentissement économique global et l’assouplissement des objectifs concernant l’interdiction des motorisations thermiques initialement prévue pour 2035 pourraient freiner l’enthousiasme des consommateurs particuliers. Malgré tout, depuis le premier janvier, le bonus écologique a encore été revalorisé de 1 000 € supplémentaires. De plus, si la batterie du véhicule convoité est également produite en Europe, un bonus additionnel est accordé. L’aide totale peut ainsi dépasser les 7 000 € ! Dans ces conditions, le marché électrique devrait poursuivre sa croissance, mais probablement à un rythme plus modéré, loin d’une domination complète du marché automobile.
En définitive, 2026 devrait confirmer l’établissement durable du véhicule électrique comme une alternative majeure dans le paysage automobile français, sans pour autant qu’il devienne la solution prédominante à court terme.












