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Énergie & Recharge

L’administration Trump freine l’éolien offshore sans raison valable

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L'administration Trump freine l'éolien offshore sans raison valable

Dans une nouvelle ère où l’énergie propre se retrouve malmenée par des décisions politiques controversées, l’administration américaine vient de porter un coup sévère au secteur des énergies renouvelables. Un revirement stratégique qui soulève de nombreuses questions quant aux véritables motivations derrière cette décision brutale.

L’administration Trump vient d’asséner un coup dévastateur au secteur énergétique américain, ciblant particulièrement l’éolien offshore. Cette décision s’inscrit dans une tendance inquiétante de remise en cause des avancées scientifiques et technologiques qui caractérise ce nouveau mandat présidentiel. Après avoir contesté les programmes de la NASA et limité la recherche scientifique, c’est désormais au tour du secteur énergétique de subir les foudres gouvernementales.

Sous prétexte d’impératifs liés à la « sécurité nationale », l’exécutif américain a ordonné la suspension immédiate des autorisations accordées pour l’exploitation de parcs éoliens en mer sur toute la façade atlantique. Bien que présentée comme temporaire, cette interruption engendre des conséquences économiques désastreuses. Des navires spécialisés, loués à des tarifs journaliers exorbitants avoisinant le demi-million de dollars, se retrouvent immobilisés dans les ports. Des installations colossales, dont certaines éoliennes mesurant plus de 150 mètres, sont laissées à l’abandon sur les quais du Massachusetts et de Virginie, exposées aux éléments. Le projet « Vineyard Wind », achevé à 95%, se retrouve brutalement paralysé, laissant les investisseurs face à un gouffre financier. Le slogan « Make America Great Again » semble avoir évolué vers une régression technologique plutôt qu’une progression.

L’argument sécuritaire : une justification qui ne tient pas la mer

Fin décembre, le Département de l’Intérieur s’est appuyé sur des documents classifiés du Pentagone pour justifier l’envoi d’ordres de cessation des travaux à cinq acteurs majeurs du secteur. Selon le communiqué officiel, cette interruption « permettra au Département de collaborer avec les concessionnaires et les autorités des États pour évaluer les possibilités d’atténuer les risques pour la sécurité nationale que représentent ces installations », tout en affirmant que « la sécurité des citoyens américains demeure la priorité absolue de l’administration Trump ».

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Mais quels sont exactement ces risques invoqués? L’administration affirme que le mouvement rotatif des pales d’éoliennes offshore perturbe le fonctionnement des radars militaires, créant des interférences (appelées « clutter » dans le jargon technique). Effectivement, d’un point de vue physique, ce phénomène existe : ces immenses structures mobiles peuvent renvoyer des échos parasites vers les systèmes de détection, générant des cibles fictives ou masquant de réelles menaces.

Cependant, cette problématique technique est parfaitement identifiée et des réponses existent déjà : l’installation de radars complémentaires (« gap-fillers ») peut compenser les zones d’ombre générées par les parcs éoliens. Des solutions algorithmiques permettent également de différencier la signature radar d’une pale (régulière et cyclique) de celle d’un aéronef ou d’un missile. Il s’agit de développements logiciels parfaitement maîtrisables pour une puissance technologique comme les États-Unis.

Dominion Energy, l’un des géants énergétiques américains porteur du projet « Coastal Virginia Offshore Wind » touché par cette suspension, avait même proposé de financer intégralement la modernisation des équipements du NORAD (l’organisme responsable de la surveillance aérienne nord-américaine). Cette mise à niveau technologique, offerte sans frais pour le contribuable, aurait démontré la compatibilité entre éolien offshore et surveillance militaire.

Pourtant, l’administration refuse cette proposition et, en classifiant les rapports, empêche Dominion Energy d’accéder aux informations cruciales. Pour développer des algorithmes de filtrage efficaces, les ingénieurs civils doivent connaître les fréquences opérationnelles des radars militaires concernés. Sans ces données techniques, impossible d’ajuster les systèmes pour qu’ils « ignorent » correctement les signaux générés par les pales.

L’administration interdit donc les éoliennes pour des raisons sécuritaires, mais rejette simultanément les solutions proposées pour résoudre ce problème. Une situation absurde où l’on déclare un problème insoluble tout en rejetant activement les solutions proposées.

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Comme l’a souligné James Auslander, conseiller juridique de Dominion Energy : « L’administration ne peut simplement invoquer la ‘sécurité nationale’, présenter un rapport confidentiel et clore le débat ». Si les préoccupations sécuritaires sont légitimes dans le contexte géopolitique actuel, cette approche de la « sécurité nationale » suscite des interrogations.

Préférer conserver des radars militaires dépassés alors qu’une modernisation est proposée gratuitement relève d’une logique déroutante. Cette situation laisse entrevoir des motivations moins avouables, probablement liées aux intérêts pétroliers.

Un impact considérable sur le pouvoir d’achat des Américains

Cette décision survient, coïncidence troublante, après plusieurs mois d’influence soutenue des magnats pétroliers, reçus en avril 2024 dans la résidence présidentielle de Mar-a-Lago, où leur avait été promise la fin de la « folie éolienne ». En sabordant une filière qui devait alimenter 2,5 millions de foyers sur la seule côte Est, le gouvernement garantit que l’approvisionnement énergétique américain restera dominé par les combustibles fossiles traditionnels.

Les conséquences économiques pour les ménages américains seront indéniables. En limitant l’offre d’énergies renouvelables, l’administration crée les conditions d’une pression artificielle sur les tarifs énergétiques. La logique économique trumpienne se révèle ici dans toute sa simplicité : réduire la concurrence pour les énergies fossiles équivaut à garantir des profits constants aux producteurs, mais impose un surcoût significatif aux consommateurs.

Cette hostilité envers l’éolien n’est pas nouvelle : Trump a toujours considéré les éoliennes, comme toutes les sources d’énergie renouvelable, comme des moulins à vent qu’un Don Quichotte contemporain se doit d’abattre pour protéger son royaume pétrolifère. Pour un président qui se revendique protectionniste, c’est finalement la doctrine inverse qui est appliquée. Sous couvert de protéger le territoire américain contre d’hypothétiques menaces, il pénalise ses propres entreprises tout en exposant potentiellement des millions de foyers à la précarité énergétique. Un paradoxe aussi triste qu’ironique ; rarement le drapeau américain n’aura servi à dissimuler un tel déni de réalité.