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Énergie & Recharge

Les USA cherchent des volontaires pour stocker des déchets radioactifs à jamais

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Les USA cherchent des volontaires pour stocker des déchets radioactifs à jamais

Face à l’appétit énergétique croissant, les États-Unis misent sur l’atome pour alimenter l’ère numérique. L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, la prolifération des centres de données, ainsi que la transition vers l’électrification des secteurs industriels et des transports engendrent une hausse de la demande électrique sans précédent depuis plusieurs générations. Pour répondre à ce défi colossal, Washington ressuscite une solution controversée : l’énergie nucléaire. Toutefois, cette relance soulève l’éternelle question de la gestion des résidus radioactifs.

Aux États-Unis, les infrastructures numériques nécessaires au fonctionnement de l’IA engloutissent des quantités phénoménales d’électricité. Cette pression intense sur le réseau électrique américain contraint les décideurs à privilégier des sources d’énergie contrôlables, capables de produire en continu indépendamment des conditions météorologiques, contrairement aux énergies renouvelables intermittentes.

Dans cette perspective, l’administration Trump dévoile un programme ambitieux : multiplier par quatre la capacité nucléaire du pays d’ici 2050. L’objectif affiché vise à développer une puissance installée d’environ 400 gigawatts, en s’appuyant principalement sur une technologie émergente, les Small Modular Reactors (SMR). Ces petits réacteurs modulaires se distinguent des installations conventionnelles par leur conception plus compacte et leurs dispositifs de sûreté renforcés.

L’approche modulaire permettrait aux opérateurs d’augmenter progressivement leurs capacités selon l’évolution des besoins énergétiques, plutôt que d’investir d’emblée dans d’immenses complexes. Théoriquement, cette industrialisation standardisée réduirait les coûts à l’échelle et raccourcirait considérablement les délais de construction. Si le concept paraît séduisant sur le plan économique, il n’élimine pas l’obstacle fondamental inhérent à toute exploitation nucléaire : le traitement et l’entreposage des substances radioactives.

Des « pôles nucléaires intégrés »

En l’absence de solution pérenne depuis plusieurs décennies, l’administration fédérale américaine lance une démarche inédite basée sur le volontariat territorial. Le Département de l’Énergie invite désormais les États fédérés à proposer leur candidature pour héberger un site d’enfouissement géologique permanent, destiné à confiner les combustibles irradiés dans les profondeurs du sous-sol américain.

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Cette stratégie s’inscrit dans un concept plus large de « pôles nucléaires intégrés », regroupant sur un même territoire les installations de stockage des déchets, les nouveaux réacteurs, les unités d’enrichissement d’uranium et potentiellement des centres de données. L’argument économique est considérable : des injections financières estimées à plusieurs dizaines de milliards de dollars et la création de milliers d’emplois qualifiés à l’échelle locale. Selon les projections gouvernementales, ces infrastructures pourraient constituer de véritables moteurs économiques régionaux et des atouts stratégiques dans la souveraineté énergétique nationale.

Un fardeau générationnel aux risques considérables

Le défi reste néanmoins colossal. Les résidus de l’industrie nucléaire présentent une toxicité extrême et constituent potentiellement une cible pour des organisations malintentionnées. Ces matières nécessitent un confinement hermétique garantissant leur isolation durant des millénaires.

Cette perspective explique les réticences populaires face à de tels projets, comme en témoigne l’abandon du site d’enfouissement de Yucca Mountain au Nevada après des années de mobilisation citoyenne. Si quelques États montrent actuellement un intérêt pour accueillir ces installations, rien n’assure que les promesses de développement économique suffiront à contrebalancer l’immense responsabilité intergénérationnelle qu’implique un tel choix.

– La consommation électrique aux États-Unis connaît une croissance exponentielle, poussant le pays à réinvestir massivement dans la filière nucléaire.
– Le gouvernement américain privilégie la technologie des réacteurs modulaires compacts, plus rapides à déployer, mais générant toujours des déchets hautement radioactifs.
– Face à l’impasse du stockage, Washington recherche des territoires volontaires pour héberger ces déchets sur des durées plurimillénaires, malgré les risques majeurs associés.