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Trump veut s’enrichir avec l’Iran dans le détroit d’Ormuz : « Une excellente chose ! »

Dans un contexte géopolitique tendu, l’ancien président américain Donald Trump avance une proposition commerciale surprenante concernant le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique actuellement sous contrôle iranien. Cette initiative intervient dans un climat de cessez-le-feu fragile après plusieurs semaines d’affrontements dans la région.
En véritable entrepreneur, Donald Trump semble vouloir transformer une défaite diplomatique en opportunité économique. Alors que le détroit d’Ormuz connaît une accalmie depuis le 7 avril, permettant aux navires approuvés par Téhéran de transiter, l’ex-locataire de la Maison Blanche suggère l’établissement d’un système de péage dont les États-Unis pourraient tirer profit.
Cette déclaration, même venant d’un homme politique connu pour ses positions imprévisibles, a suscité l’étonnement. Lors d’un entretien accordé à ABC News, Trump a clairement exprimé son intention de former un partenariat commercial avec l’Iran pour gérer conjointement les droits de passage dans cette zone critique :
« Nous envisageons de le faire sous forme de coentreprise. C’est un moyen de sécuriser la voie, et notamment de la protéger de nombreuses personnes. C’est une excellente chose ! »
La mainmise iranienne sur le détroit constitue un échec significatif pour Washington. En contrôlant ce couloir maritime, Téhéran dispose désormais d’une influence considérable sur l’économie mondiale, puisque 20 % du trafic pétrolier mondial y transite. Actuellement, chaque bâtiment doit se conformer aux conditions iraniennes pour traverser sans encombre. Trump cherche manifestement à retourner cette situation défavorable en instaurant ce nouveau mécanisme commercial.
## L’Europe et la France s’opposent fermement à cette proposition
La position européenne, et particulièrement française, est catégoriquement hostile à l’instauration d’un tel système. Interrogé sur France Inter, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fermement condamné cette initiative trumpienne :
« Ce n’est pas acceptable. La liberté de navigation dans les eaux internationales est un bien commun de l’humanité. Personne ne l’accepterait car c’est tout simplement illégal. »
Si le détroit est désormais rouvert à la navigation, les conditions de passage demeurent considérablement dégradées par rapport à la situation pré-conflit. Les embarcations sont autorisées au compte-gouttes et doivent s’acquitter d’importantes taxes imposées par les autorités iraniennes. Par ailleurs, la traversée reste dangereuse en raison des nombreuses mines sous-marines disséminées dans le secteur. Face à cette situation, l’Iran propose un itinéraire alternatif prétendument plus sûr, longeant davantage ses côtes, ce qui lui permet de justifier son système de taxation.
Cette voie maritime, autrefois librement accessible avant le déclenchement des hostilités par les États-Unis, s’est transformée en point névralgique des tensions internationales. Grâce à sa position dominante, l’Iran dispose maintenant d’un levier de pression considérable vis-à-vis des Américains. Il convient de rappeler que le cessez-le-feu actuel reste précaire et que les pourparlers entre les deux nations s’annoncent particulièrement complexes.












