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Énergie & Recharge

Des petits réacteurs nucléaires : le grand défi relevé par les startups

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Des petits réacteurs nucléaires : le grand défi relevé par les startups

L’énergie nucléaire connaît un regain d’intérêt notable, propulsée par la demande énergétique colossale générée par les avancées en intelligence artificielle (IA). Pour répondre à ces nouveaux besoins, les leaders technologiques investissent massivement dans une vague innovante d’entreprises développant des réacteurs plus compacts, modulables et promettant un déploiement accéléré.

La progression fulgurante de l’IA représente un véritable défi énergétique sans précédent. L’entraînement et l’exploitation de modèles toujours plus sophistiqués nécessitent l’implantation de centres de données titanesques, particulièrement énergivores et en expansion constante. Confrontées à cette consommation exponentielle, les entreprises technologiques recherchent des solutions énergétiques fiables, sans émissions carbone et capables d’une production continue. Dans ce contexte, l’énergie nucléaire s’impose naturellement comme une solution incontournable.

Le groupe Alphabet, maison-mère de Google, s’est notamment rapproché de Kairos Power, une jeune entreprise américaine créée en 2016 et spécialisée dans les réacteurs nucléaires miniaturisés. L’ambition est claire : garantir un approvisionnement électrique stable pour ses infrastructures de données futures, tout en respectant ses engagements environnementaux. L’approche adoptée par Meta suit une logique comparable, mais avec une envergure encore plus ambitieuse.

À l’horizon fin 2025, l’entreprise de Mark Zuckerberg a établi des partenariats stratégiques avec plusieurs acteurs du secteur nucléaire, notamment TerraPower (soutenue par Bill Gates), Oklo (appuyée par Sam Altman), et Vistra. Ces collaborations visent à générer jusqu’à 6,6 gigawatts d’électricité d’ici 2035, ce qui équivaut approximativement aux besoins énergétiques d’un pays comme l’Irlande.

Les ambitions de Meta vont jusqu’à financer directement la construction de réacteurs nucléaires innovants, dont les premiers pourraient être opérationnels dès 2030, principalement pour alimenter ses infrastructures massives de calcul dédiées à l’intelligence artificielle.

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Un secteur en pleine transformation

Si ces géants technologiques privilégient les jeunes pousses plutôt que les infrastructures nucléaires conventionnelles, c’est principalement pour des considérations techniques et opérationnelles. Les projets récents de réacteurs traditionnels ont généralement été marqués par des retards considérables et des surcoûts importants. En contrepartie, les startups du domaine proposent une approche fondamentalement différente.

Leur stratégie s’articule autour des SMR (Small Modular Reactors). Ces réacteurs miniaturisés sont élaborés pour offrir plus de compacité, de sécurité et surtout, pour être fabriqués industriellement. Cette conception modulaire permet d’augmenter progressivement la capacité selon les besoins, plutôt que d’ériger d’emblée des installations gigantesques. Théoriquement, cette standardisation devrait également permettre une réduction des coûts grâce aux économies d’échelle.

L’intérêt des investisseurs est proportionnel aux perspectives prometteuses du secteur. Durant les dernières semaines de 2025 uniquement, les startups spécialisées dans le nucléaire ont attiré plus d’1,1 milliard de dollars d’investissements, alimentées par la conviction que ces petits réacteurs pourraient enfin respecter les calendriers et les budgets que le nucléaire traditionnel peine à maintenir.

Des obstacles considérables

Cependant, les défis restent colossaux. La production industrielle de réacteurs nucléaires représente une entreprise particulièrement complexe, d’autant que les États-Unis ont largement perdu leur expertise industrielle dans ce secteur après plusieurs décennies de délocalisation. Dans ce paysage, les avantages économiques espérés de la production en série pourraient nécessiter plusieurs années, voire une décennie complète, avant de se concrétiser.

L’approche entrepreneuriale du nucléaire progresse donc rapidement, stimulée par l’IA et des demandes énergétiques sans précédent. La question demeure si cette vision pourra être transposée efficacement à l’échelle industrielle… Le défi est lancé.

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