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Voitures électriques moins chères que thermiques d’ici 5 ans : optimisme Volvo

L’affirmation audacieuse du PDG de Volvo sur la compétitivité future des véhicules électriques a récemment fait sensation dans le monde automobile. Depuis la capitale suédoise, Håkan Samuelsson a projeté qu’à l’échéance 2031, la fabrication d’un modèle électrique deviendra probablement moins onéreuse que celle d’un équivalent à combustion interne. Cette déclaration contraste fortement avec la situation actuelle du marché, où les véhicules électriques demeurent généralement plus coûteux à l’achat, même si leur avantage économique se manifeste progressivement durant leur cycle de vie grâce aux coûts réduits de fonctionnement et de maintenance.
Le dirigeant suédois appuie sa prévision optimiste sur deux facteurs déterminants : l’optimisation significative des chaînes de production et la baisse anticipée des coûts des batteries, composant qui représente actuellement environ 40% du prix total d’un véhicule électrique. Toutefois, cette projection devra résister aux fluctuations imprévisibles du marché des matières premières et aux défis géopolitiques qui perturbent régulièrement les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Volvo revendique sa rentabilité dans l’électrique… avec certaines réserves
Alors que plusieurs constructeurs continuent d’absorber des pertes sur leurs ventes de véhicules électriques, Volvo assure avoir atteint le seuil de rentabilité dans ce segment. Si les marges demeurent inférieures comparées aux modèles thermiques, elles sont néanmoins positives. "Nous ne subventionnons pas nos ventes électriques", soutient Håkan Samuelsson, précisant que l’absence de ces modèles dans la gamme réduirait en réalité le volume global et la profitabilité du groupe.
Cette déclaration mérite cependant d’être nuancée. Volvo a récemment modifié sa position concernant sa transition complète vers l’électrique initialement prévue pour 2030, admettant implicitement que la transformation du secteur doit s’aligner sur le développement des infrastructures de recharge et les attentes réelles des consommateurs. Cette approche pragmatique tranche avec les annonces parfois trop ambitieuses d’un secteur confronté aux réalités économiques et techniques.
L’EX60, précurseur d’un nouveau modèle économique
Le futur EX60, dont le lancement est prévu pour 2027, incarne cette stratégie de maîtrise des coûts. Ce modèle intègrera des innovations comme les batteries "cell-to-body" et les presses géantes qui rationalisent considérablement la production. Volvo développe désormais ses propres moteurs électriques, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des équipementiers externes.
Dans le domaine crucial des batteries, le constructeur scandinave privilégie la technologie LFP (Lithium-Fer-Phosphate), moins coûteuse que les cellules NMC conventionnelles, tout en gardant une certaine distance avec les promesses encore incertaines des batteries à électrolyte solide. Pour Håkan Samuelsson, il n’est pas nécessaire d’attendre une percée technologique majeure : l’amélioration continue des batteries lithium-ion actuelles, combinée aux économies d’échelle, suffira à transformer fondamentalement l’équation économique des véhicules électriques.












