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Les batteries solides: une course décisive entre dans sa nouvelle phase

Aujourd’hui, les véhicules électriques occupent une place prépondérante dans notre paysage routier, avec une croissance constante de leur part de marché. Cependant, de nombreux automobilistes hésitent encore à franchir le pas. Trois obstacles majeurs persistent : le coût d’acquisition, l’autonomie limitée et la durée des recharges. Face à ces défis, les industriels intensifient leurs recherches pour développer des technologies innovantes. Parmi les solutions les plus prometteuses figure la batterie à électrolyte solide. D’après les informations récemment publiées par Automotive News, cette technologie entre désormais dans une phase cruciale de son développement. Examinons de plus près cette évolution déterminante pour l’avenir de la mobilité électrique.
L’industrialisation des accumulateurs solides
Cette technologie, autrefois confinée aux laboratoires de recherche, suscite maintenant une véritable émulation entre constructeurs automobiles et équipementiers. Ces acteurs majeurs s’engagent résolument dans la course pour s’assurer un avantage concurrentiel décisif. Début février, deux événements significatifs ont illustré cette transition vers une dimension plus industrielle et commerciale des batteries solides. Le 4 février, la société QuantumScape, soutenue financièrement par le consortium Volkswagen, a inauguré sa ligne de production Eagle à San José, en Californie. Cette installation pilote fortement robotisée constitue la première étape d’une montée en puissance progressive vers une fabrication à grande échelle.
L’enjeu principal consiste à prouver la capacité à produire des cellules à électrolyte solide de manière standardisée et économiquement viable. Dès le jour suivant, le constructeur Karma Automotive créait la surprise en annonçant une collaboration stratégique avec Factorial Energy. Ce partenariat ambitionne de lancer le premier programme américain de production d’accumulateurs solides destinés aux voitures particulières. Cette technologie équipera prioritairement la Karma Kaveya, un coupé électrique luxueux dont la commercialisation est prévue fin 2027. Derrière cette annonce se profile Factorial Energy, une entreprise américaine émergente au potentiel considérable. Le groupe Mercedes a d’ailleurs investi plusieurs dizaines de millions d’euros dans cette startup prometteuse.
Des avancées technologiques remarquables
En septembre dernier, le constructeur allemand avait d’ailleurs réalisé une démonstration particulièrement éloquente. Une berline EQS spécialement modifiée, équipée d’accumulateurs lithium-métal à électrolyte solide, a relié Stuttgart à Malmö sur une distance de 1 205 kilomètres sans aucune recharge intermédiaire. Parallèlement, plusieurs constructeurs ont défini leurs propres stratégies de développement. Certains privilégient une approche progressive avec des batteries semi-solides comme solution transitoire, jugée plus facilement industrialisable. Cette orientation est notamment adoptée par les groupes chinois comme SAIC Motor ou Nio.
D’autres acteurs accélèrent directement vers la technologie tout-solide. C’est notamment le cas de Stellantis, qui déploiera cette année même une flotte expérimentale dotée des accumulateurs solides développés par Factorial. Le constructeur chinois Chery prévoit des tests grandeur nature dès 2024, tandis que Toyota envisage une introduction commerciale entre 2027 et 2028. BYD annonce pour sa part une production industrielle destinée à ses modèles premium dès 2027, avant une généralisation progressive à l’horizon 2030. Nissan construit actuellement une unité pilote à Yokohama en préparation d’un lancement commercial prévu en 2028. Honda développe sa propre ligne de démonstration dédiée, alors que BMW effectue déjà des essais routiers avec dix-sept véhicules prototypes. Le constructeur bavarois vise une commercialisation au début de la prochaine décennie.
À plus long terme, les analystes du secteur anticipent une restructuration complète de l’écosystème technologique des batteries. Les accumulateurs solides domineraient alors le segment premium, tandis que la technologie lithium-ion conventionnelle continuerait d’équiper les véhicules de moyenne gamme. Enfin, les batteries sodium-ion se positionneraient sur le segment d’entrée de gamme.












