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Énergie & Recharge

BP s’effondre de 86 % : le géant pétrolier suspend ses rachats d’actions

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BP s'effondre de 86 % : le géant pétrolier suspend ses rachats d'actions

La crise du pétrole frappe de plein fouet le groupe BP, dont les bénéfices s’effondrent drastiquement. L’entreprise britannique subit de plein fouet les conséquences d’un marché pétrolier déprimé et les coûts élevés de sa diversification énergétique.

Les résultats financiers de BP pour l’exercice 2025 ont provoqué une onde de choc au siège londonien du groupe. Le mastodonte pétrolier a enregistré une chute vertigineuse de 86% de son bénéfice net, qui s’établit désormais à seulement 55 millions de dollars. Cette dégringolade s’explique par la conjonction de prix pétroliers durablement bas et des difficultés rencontrées dans sa stratégie de transition énergétique. Face à cette situation alarmante, BP a décidé de recentrer ses activités sur les hydrocarbures traditionnels, de réduire ses coûts opérationnels et de suspendre son programme de rachat d’actions.

Ce mécanisme de rachat d’actions, qui constitue une alternative au versement de dividendes, permet habituellement à une entreprise de soutenir son cours boursier et d’augmenter le bénéfice par action. Pour un groupe comme BP, cette approche offre une souplesse considérable dans un contexte où les profits fluctuent au rythme des cours du pétrole, contrairement aux dividendes qui représentent un engagement plus contraignant.

Selon les explications fournies par BP, la faiblesse des cours pétroliers en 2025 n’est qu’un aspect du problème. À l’instar d’autres majors pétrolières, le groupe britannique s’était engagé dans une diversification vers les secteurs du gaz et des énergies à faible empreinte carbone. Cette réorientation stratégique s’est toutefois soldée par des dépréciations d’actifs estimées à environ 4 milliards de dollars. Pour redresser sa situation financière et revenir à ses fondamentaux, BP a identifié pour 20 milliards de dollars d’actifs destinés à être cédés.

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Le groupe a déjà progressé dans son programme de désengagement avec la vente de 11 milliards de dollars d’actifs, comme l’a précisé la direction dans un communiqué publié le 10 février. Parmi les opérations significatives figure la cession en décembre de 65% de sa participation dans Castrol, sa filiale spécialisée dans les lubrifiants automobiles, au fonds d’investissement américain Stonepeak. Cette transaction devrait rapporter à BP un produit net de 6 milliards de dollars.

L’année 2026 marquera l’arrivée d’une nouvelle direction avec à sa tête Meg O’Neill, qui a forgé son expérience chez ExxonMobil et au sein de la compagnie pétrolière australienne Woodside Energy. Cette nomination historique – elle sera la première femme à diriger un géant pétrolier – s’accompagne d’une mission cruciale: ramener la dette du groupe sous la barre des 18 milliards de dollars d’ici 2027, alors qu’elle dépasse actuellement 20 milliards depuis plusieurs années. Pour atteindre cet objectif, BP prévoit de réduire ses coûts structurels de 5,5 à 6,5 milliards de dollars d’ici cette même échéance.

## La pression des investisseurs, dont le fonds Elliott Management

La publication des résultats a été sanctionnée par les marchés financiers, avec une chute de 5,46% du cours de l’action BP. Les investisseurs ont notamment été déçus par l’annonce d’investissements prévus entre 13 et 13,5 milliards de dollars, un montant inférieur aux attentes des analystes qui tablaient sur 13,85 milliards. Dans ce contexte difficile, le fonds d’investissement activiste américain Elliott Management, entré récemment au capital, continue d’exercer une pression significative sur la direction.

L’annonce de la prise de participation d’Elliott Management l’an dernier avait d’ailleurs provoqué une hausse substantielle du cours de BP. Pour de nombreux actionnaires, l’arrivée de ce fonds activiste était perçue comme une opportunité de recentrage stratégique pour le groupe pétrolier. Elliott Management s’est forgé une réputation d’investisseur ciblant des entreprises qu’il considère sous-évaluées, tout en militant activement pour des changements de gouvernance et de stratégie afin d’améliorer leurs performances financières.