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Citroën Berlingo fiabilité : 8 modèles à éviter absolument

Le Citroën Berlingo, ce ludospace qui a marqué le marché des véhicules familiaux depuis 1996, est souvent loué pour son habitabilité et sa polyvalence. Mais derrière son côté pratique se cachent des vrilles de fiabilité qu’il vaut mieux connaître avant d’ouvrir son portefeuille. Si vous envisagez un Berlingo d’occasion, certaines motorisations et millésimes peuvent rapidement transformer l’affaire en casse-tête mécanique et financier.
Sur près de 30 ans et trois générations, le Berlingo a alterné périodes solides et moments délicats côté fiabilité. Certaines motorisations ont la réputation d’être particulièrement fragiles, avec des pannes qui surviennent parfois dès 40 000 km sur les plus touchées. Comment repérer les versions à privilégier et celles qu’il vaut mieux laisser ? Quelles années éviter ? Quels blocs motorisés fuir ? Ce guide, génération par génération, détaille les modèles à éviter et explique pourquoi ils posent problème. Gardez ces informations à portée de main avant d’aller voir un concessionnaire ou de répondre à une annonce.
Résumé des Berlingo à éviter :
– Berlingo 1 (1996-2008) : éviter les 1.6 HDi 75/90 ch et les exemplaires antérieurs à 2002 — injecteurs délicats, fuites de joints, problèmes de turbo, distribution sujette à la corrosion.
– Berlingo 2 (2008-2018) : attention au 1.6 HDi (toutes puissances), au 1.6 e-HDi 112 ch et au 1.6 VTi 120 ch — génération la plus capricieuse : injection, turbo, pompe à eau, consommation d’huile, climatisation, crémaillère, amortisseurs.
– Berlingo 3 (2018-présent) : prudence avec le 1.2 PureTech 110 ch, le 1.5 BlueHDi (toutes puissances) et l’ë‑Berlingo électrique — courroie à bain d’huile fragile (PureTech), système AdBlue ou chaîne de distribution (BlueHDi), chargeur embarqué (électrique).
Citroën Berlingo 1 (1996-2008) : un vieux briscard encore compétent
La première génération du Berlingo a posé les bases du ludospace utilitaire-transformé-en-familial : simple, pratique et bon marché. Globalement, la réputation de fiabilité de cette série reste flatteuse, même si quelques motorisations et millésimes demandent de la prudence.
Les bons choix : le robuste 1.9 D
Le 1.9 D (70 ch) est devenu une référence de robustesse. Moteur atmosphérique, conception simple, peu d’électronique : ce bloc peut avaler 300 000 à 400 000 km, parfois davantage, avec seulement des signes d’usure classiques (petites fuites d’huile liées à l’âge). Pour qui cherche un véhicule durable sans chercher la sportivité, ce moteur est un choix sûr — il atteint péniblement 130 km/h mais tient la distance.
Les modèles restylés après 2002 sont à privilégier : amélioration des finitions et fiabilité accrue par rapport aux tout premiers exemplaires. Si vous ciblez un Berlingo 1 d’occasion, visez plutôt un millésime 2002‑2008.
Les motorisations à éviter : le 1.6 HDi et ses problèmes récurrents
L’arrivée des HDi a apporté performances et consommation réduite, mais aussi des soucis chroniques. Les 1.6 HDi 75 et 90 ch, issus d’une collaboration PSA‑Ford, ont accumulé des défauts redoutables.
Injecteurs et turbo : le duo infernal
Les injecteurs montrent une sensibilité particulière : joints qui fuient, passage de diesel dans l’huile moteur et dilution de l’huile. La suie engendrée peut obstruer la crépine d’huile et priver le turbo de lubrification, entraînant une casse souvent soudaine. Le remplacement d’un turbo coûte en général entre 1 500 et 2 500 euros.
Distribution et vanne EGR : attention aux délais
La courroie de distribution a tendance à se corroder sur ces blocs ; négliger son remplacement peut provoquer des dégâts violents et coûteux. Respectez les intervalles recommandés (environ 120 000 km ou 10 ans selon les préconisations). Par ailleurs, la vanne EGR s’encrasse fréquemment, entraînant voyants, perte de puissance et surconsommation : nettoyage ou remplacement coûtent souvent entre 200 et 600 euros.
Les tout premiers Berlingo (1996-2002) : rustiques mais problématiques
Les exemplaires d’avant 2002 montrent un niveau de finition et une fiabilité inférieurs à ceux du restylage : câble d’embrayage fragile, roulements arrière usés, petits soucis électriques. Leur prix bas (parfois dès 1 500 euros) attire, mais ces voitures ont plus de vingt ans : à moins d’être bricoleur et de prévoir un budget entretien conséquent, mieux vaut s’abstenir.
Citroën Berlingo 2 (2008-2018) : la génération la plus délicate
Le Berlingo 2, plus moderne et mieux équipé, s’est révélé tristement être la génération la plus problématique. Climatisation capricieuse, crémaillère bruyante, amortisseurs fragiles et, surtout, des motorisations sujettes à des pannes répétées font de cette période un piège pour l’acheteur d’occasion.
En comparaison, le Renault Kangoo s’en sort généralement mieux, notamment avec le 1.5 dCi (K9K), et propose un réseau après‑vente souvent jugé plus accessible. Le Peugeot Partner, techniquement proche, partage la plupart des maux du Berlingo 2.
Les 1.6 HDi (toutes puissances) : à fuir
Si vous retenez une seule consigne pour cette génération, c’est celle‑ci : évitez les 1.6 HDi (75, 90, 92, 110 ch). Ces moteurs ont été responsables d’un nombre élevé de pannes coûteuses et répétées.
L’injection, source de dépenses
Les injecteurs lâchent ou fuient parfois dès 80 000 km. Entre 2011 et 2014, PSA a connu une vague de remplacements d’injecteurs liée à des pièces défectueuses chez certains fournisseurs. Le remplacement complet peut coûter entre 1 200 et 2 000 euros, parfois en partie pris en charge selon le cas.
Le turbo : panne brutale et onéreuse
Liée aux soucis d’injection, la casse du turbo survient souvent sans signe avant‑coureur, fréquemment entre 100 000 et 150 000 km. Comptez 1 500 à 2 500 euros pour un turbo neuf. Les propriétaires rapportent des factures cumulées de plusieurs milliers d’euros sur de courtes périodes.
Le 1.6 e‑HDi 112 ch : une version qui n’a pas résolu les défauts
Conçu pour pallier les défauts du 1.6 HDi, le 1.6 e‑HDi 112 ch accumule pourtant des problèmes supplémentaires : injecteurs récalcitrants, volant moteur bi‑masse fragile et FAP encrassé. Le volant moteur peut montrer des signes de faiblesse dès 120 000 km, avec vibrations, bruits au démarrage et difficultés de passage de vitesses ; le remplacement (avec l’embrayage) peut coûter entre 1 000 et 1 800 euros. Le FAP, quant à lui, exige des régénérations fréquentes en usage urbain et peut nécessiter une intervention coûteuse.
Le 1.6 VTi 120 ch (essence) : consommation d’huile et fuites
Le 1.6 VTi n’est pas épargné : fuites de pompe à eau (dès ~80 000 km), thermostat fragile provoquant des surchauffes et surtout une consommation d’huile excessive (parfois 1 litre pour 1 000 km). Sondes fragiles et composants du circuit de refroidissement/échappement ajoutent au risque ; la surveillance du niveau d’huile doit être régulière sous peine de casse moteur.
Défauts communs au Berlingo 2
Outre les moteurs, la génération 2 présente des soucis répandus :
– Climatisation / ventilation : pannes fréquentes entre 40 000 et 60 000 km (ventilateur ou faisceau), coût 300–800 €.
– Crémaillère de direction : bruits et usure précoce, remplacement 600–1 200 €.
– Amortisseurs et coupelles : usure rapide du train avant, coûts non négligeables.
– Usure accélérée des pneus arrière : parfois en moins de 25 000 km, vérifier l’état surtout du pneu droit lors d’un achat.
Citroën Berlingo 3 (2018-présent) : une modernité qui n’a pas tenu ses promesses
Le Berlingo 3, modernisé sur la plateforme EMP2 et riche en technologies, aurait dû clore la liste des reproches. Pourtant, la troisième génération déçoit sur le plan de la robustesse. La note de fiabilité souvent attribuée (≤ 2 étoiles sur 5 chez certains observateurs) traduit les problèmes rencontrés.
La transition vers des motorisations conformes aux normes Euro 6 a amené des systèmes complexes (courroie à bain d’huile, SCR/AdBlue, chaînes humides) qui se sont ajoutés aux sources potentielles de panne.
1.2 PureTech 110 ch : la courroie à bain d’huile qui inquiète
Le 1.2 PureTech est touché par une défaillance liée à sa courroie de distribution en bain d’huile : la structure externe de la courroie se fragilise, se délite et peut obstruer le circuit de lubrification. Cette situation peut affecter la pompe à vide (mastervac) et donc l’assistance au freinage — un risque de sécurité sérieux. PSA (Stellantis) a lancé une campagne et propose une extension de garantie (10 ans ou 175 000 km) sur ces problèmes, mais cette couverture est strictement conditionnée au suivi scrupuleux de l’entretien en concession. En pratique, une intervention hors réseau agréé peut annuler la prise en charge et laisser l’usager avec des frais significatifs.
1.5 BlueHDi : AdBlue et chaîne de distribution en question
Le 1.5 BlueHDi, décliné en 75/100/130 ch, présente deux soucis récurrents :
– Système AdBlue : réservoir, injecteur d’AdBlue ou capteurs NOx peuvent défaillir (cristallisation, grippage). Symptômes : voyant antipollution, mode dégradé ou blocage du démarrage. Remplacer un réservoir complet peut coûter 1 000–1 500 €, l’injecteur 400–800 €. Utiliser un AdBlue de qualité et éviter de laisser le réservoir vide aide à prévenir ces problèmes.
– Chaîne d’arbre à cames : une usure prématurée peut provoquer cliquetis à froid, bruits métalliques et pertes de puissance, menaçant la mécanique si elle casse. PSA a mis en place des prises en charge partielles pour certains cas, mais un historique d’entretien impeccable reste essentiel.
L’ë‑Berlingo : électrique, mais pas sans défauts
La version électrique n’est pas exempte de soucis : chargeur embarqué défaillant, charge lente, problèmes logiciels de gestion de batterie, pompe à chaleur défaillante affectant l’autonomie hivernale, voire moteurs électriques à remplacer dans des cas extrêmes. Pour un prix de départ autour de 35 000 €, ces déconvenues sont décevantes et ternissent l’atout théorique de simplicité mécanique de l’électrique.
Autres défauts transversaux du Berlingo 3
– Bugs logiciels : certains millésimes (mai 2022–avril 2023) ont connu des défauts provoquant arrêts moteur en roulant ou indisponibilité du mode « Prêt » ; plusieurs rappels ont été effectués.
– Système de dépollution : campagnes de rappel autour du SCR/DPF, risque de non‑détection d’anomalie par le témoin MIL.
– Biellettes de direction et ceintures : rappels passés pour des séries données (ex. rappel biellettes juillet 2020, ceintures mars 2020 pour certains millésimes).
Conseils pratiques pour l’achat : choisir en connaissance de cause
Il existe encore des Berlingo d’occasion fiables, mais il faut savoir où regarder et quels critères exiger.
Privilégier les valeurs sûres
Si la fiabilité prime, orientez‑vous vers un Berlingo 1 (2002–2008) avec le 1.9 D 70 ch. Ces véhicules restent robustes et peuvent se négocier entre 2 000 et 6 000 € selon l’état et le kilométrage. Favorisez des exemplaires < 200 000 km et avec carnet d’entretien complet. Les années 2003–2007, post‑restylage, combinent les avantages du 1.9 D et une fiabilité améliorée.












