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Leasing social : 50 000 voitures électriques à prix réduit épuisées en 3 mois

L’enveloppe du leasing social électrique 2025 s’épuise en un trimestre, signalant un succès continu du dispositif. Trois mois et quelques jours ont suffi pour que les 50 000 aides prévues cette année trouvent preneur. Si ce rythme reste soutenu, il marque un léger ralentissement par rapport à 2024, où l’ensemble des aides s’était volatilisé en seulement six semaines, forçant l’exécutif à suspendre le programme dès février. Cette année, le dispositif aura tenu jusqu’en janvier. Cette différence traduit-elle un essoufflement de la demande ou une meilleure adaptation du programme ? La question reste entière, d’autant que les autorités n’ont pas encore confirmé la reconduction du dispositif pour 2026.
Les statistiques montrent néanmoins une véritable démocratisation de la mobilité électrique : 45% des bénéficiaires appartiennent aux trois premières tranches de revenus, contre 40% l’année précédente. Plus révélateur encore, 55% des demandes proviennent des territoires ruraux, où l’automobile demeure un outil indispensable et où la transition électrique peine à s’imposer faute d’infrastructures de recharge suffisantes. Le leasing social semble donc répondre à sa vocation première : aider les foyers modestes (disposant d’un revenu fiscal référence inférieur à 16 300 euros par part) qui parcourent d’importantes distances mais ne peuvent financièrement accéder à la mobilité électrique.
L’industrie française en tête du classement
Du côté des constructeurs, le patriotisme économique semble porter ses fruits avec plus des deux tiers des commandes bénéficiant aux marques françaises. La Renault 5 électrique, fabriquée dans les ateliers de Douai, se positionne comme la championne incontestée du programme, représentant à elle seule un quart des véhicules commandés. Un succès stratégique pour le constructeur au losange, qui a massivement investi dans cette réinterprétation contemporaine d’un modèle iconique.
Les constructeurs du groupe Stellantis ne sont pas en reste, Peugeot et Citroën complétant le podium avec leurs modèles e-208, ë-C3 et e-2008. Au final, 34% des véhicules commandés sortent des chaînes d’assemblage françaises – un résultat encourageant pour l’emploi national, bien que cela signifie également que près de deux tiers des fonds publics alloués bénéficient à des sites de production étrangers.
Un mécanisme de soutien coûteux pour les finances publiques
La question du financement demeure cependant cruciale. Avec des mensualités commençant à 100 euros et une subvention pouvant atteindre 7 000 euros par véhicule, le programme représente un effort budgétaire significatif, actuellement supporté par le mécanisme des certificats d’économie d’énergie.
Mais quelle sera la pérennité de ce système? Sans engagement ferme des autorités pour 2026, on peut légitimement s’interroger sur la continuité de ce dispositif vertueux mais onéreux. Une autre interrogation concerne l’après-leasing : que se passera-t-il au terme des trois années de location, lorsque les ménages modestes devront restituer leurs véhicules? Le marché de l’électrique aura-t-il suffisamment évolué pour leur proposer des solutions accessibles leur permettant de poursuivre leur transition énergétique? Rien n’est moins certain.















