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Les batteries de voitures électriques survivent au véhicule selon une étude

L’acquisition d’une voiture électrique s’accompagne souvent d’une inquiétude persistante concernant la durabilité de sa batterie. Cette préoccupation n’est pas sans fondement, particulièrement quand on sait que le bloc énergétique représente entre 30 et 40% du prix total du véhicule. La perspective de devoir remplacer cet élément coûteux quelques années après l’achat peut légitimement refroidir les ardeurs des consommateurs. Cette appréhension s’intensifie sur le marché de seconde main, où de nombreux acheteurs potentiels restent méfiants face à des garanties constructeurs parfois ambiguës.
C’est dans ce climat d’incertitude que la société britannique Generational, experte en diagnostics de batteries pour véhicules électrifiés, dévoile son analyse "Battery Performance Index 2025". Cette recherche approfondie s’appuie sur un échantillon conséquent comprenant plus de 8 000 accumulateurs examinés, issus de 36 fabricants différents. Le panel étudié est particulièrement diversifié, incluant des véhicules très récents comme des modèles âgés de 12 ans, avec des kilométrages atteignant près de 260 000 kilomètres.
Des résultats plutôt encourageants
D’après les données présentées dans cette étude, l’état de santé moyen (SoH) de l’ensemble des accumulateurs analysés s’élève à 95,15%. Cet indicateur mesure la capacité restante d’une batterie comparée à ses performances d’origine. En d’autres termes, la grande majorité des batteries étudiées conserve des performances quasi identiques à celles du premier jour sur l’ensemble de l’échantillon observé.
En analysant les résultats par catégorie d’âge, on constate que la dégradation progressive reste modérée. Les véhicules âgés d’un à deux ans maintiennent un état de santé de 99,26%. Pour ceux de sept à huit ans, ce taux descend à 90%. Quant aux modèles les plus anciens, entre huit et douze ans d’âge, la moyenne se stabilise à 85%. Cette dernière statistique est particulièrement révélatrice : elle surpasse nettement le seuil des 70% généralement garanti par les constructeurs après huit ans ou 160 000 kilomètres. En somme, les batteries se détériorent moins rapidement que ce que laissaient supposer les garanties constructeurs.
Concernant le kilométrage, les enseignements sont tout aussi positifs : les véhicules ayant parcouru plus de 160 000 kilomètres conservent un état de santé oscillant entre 88 et 95%. Cette amplitude importante rappelle qu’un même nombre au compteur peut dissimuler des réalités très variables selon les conditions d’utilisation.
Le marché de l’occasion électrique : nécessité d’une transparence absolue
C’est précisément là que réside encore la difficulté. Car si l’étude de Generational nous invite clairement à relativiser nos craintes, elle ne doit pas servir de caution universelle à tous les vendeurs de véhicules électriques d’occasion. L’état de santé d’un accumulateur ne se détermine pas uniquement par le kilométrage affiché : un véhicule peu utilisé peut présenter un SoH médiocre s’il a été soumis à des recharges rapides fréquentes, entreposé dans des environnements extrêmes, ou insuffisamment entretenu. À l’opposé, une voiture ayant beaucoup roulé mais dans de bonnes conditions peut surprendre par l’excellente conservation de sa batterie.
Ce que cette analyse suggère implicitement, c’est que le secteur des électriques d’occasion nécessite l’établissement d’un référentiel commun. Les évaluations de batterie, encore trop rarement pratiquées lors des transactions, devraient devenir un prérequis obligatoire, au même titre que le contrôle technique.












