Auto
Occasion : Vérifier l’état de la batterie électrique sans démontage maintenant possible

Le marché de l’occasion des véhicules électriques est en pleine expansion, mais une préoccupation majeure demeure pour les acheteurs potentiels : comment évaluer de façon fiable l’état réel de la batterie du véhicule convoité ? Une solution innovante française pourrait enfin apporter une réponse claire et indépendante à cette interrogation cruciale.
Au cours du troisième trimestre 2025, la France a enregistré plus de 80 000 transactions de véhicules électriques d’occasion, un chiffre qui s’approche des 91 000 ventes de modèles neufs sur la même période. Cette tendance à la hausse du marché secondaire, anticipée depuis longtemps, confirme sa montée en puissance. Toutefois, un obstacle significatif persiste : la suspicion généralisée concernant la condition effective de la batterie des voitures électriques de seconde main. Cette question cristallise toutes les inquiétudes, aussi bien chez les acquéreurs que chez les professionnels du secteur. Jusqu’à présent, obtenir cette information nécessitait des procédures complexes, onéreuses et parfois sujettes à caution, aucune méthode simple, rapide et autonome ne permettant d’évaluer précisément l’état de santé des accumulateurs sans recourir à une expertise approfondie.
Une réplique numérique pour établir un diagnostic précis
C’est pour répondre à ce défi que l’entreprise française MyBatteryHealth a conçu un système de diagnostic entièrement numérique capable d’évaluer à distance l’état de santé des batteries de véhicules électriques. Sans nécessiter de démontage ni d’intervention physique, cette technologie se connecte directement au système informatique du véhicule. Après avoir analysé les données réelles d’utilisation (incluant les cycles de recharge, les variations de température, l’autonomie et les habitudes de recharge), la jeune entreprise utilise un jumeau numérique spécifique à chaque modèle pour établir un diagnostic fiable. Bien entendu, ce procédé, protégé par un brevet, respecte l’ensemble des standards européens de sécurité et de cryptage des données, garantissant ainsi une confidentialité totale.
Des disparités notables entre différents modèles
Cette innovation a permis d’examiner plus de 25 000 batteries en France, offrant à MyBatteryHealth une base de données substantielle sur la condition réelle du parc électrique national. Ces analyses permettent désormais d’identifier des tendances spécifiques selon les marques et modèles. D’après les résultats obtenus, les véhicules Tesla conserveraient en moyenne 89,3% de leur capacité initiale jusqu’à 250 000 kilomètres, tandis que certains modèles d’entrée de gamme montreraient des signes de dégradation dès 50 000 kilomètres, ce qui affecte significativement leur valeur à la revente.
L’ambition d’établir un référentiel européen standardisé
Au-delà des particuliers, MyBatteryHealth attire également de grands acteurs du secteur de la mobilité. Parmi eux, Alphabet utilise cette solution pour uniformiser les diagnostics de batterie lors des retours de leasing. De son côté, Movivolt, filiale de La Poste, l’emploie pour le suivi prédictif et la maintenance de ses flottes électriques. Sans oublier VP Auto et Stellantis qui s’appuient sur les données fournies pour évaluer plus précisément la valeur de leurs véhicules électriques d’occasion. À terme, l’objectif de MyBatteryHealth est clairement défini : devenir une référence à l’échelle européenne en instaurant une norme commune d’évaluation de l’état des batteries pour les véhicules électriques d’occasion. « Notre mission est limpide : restaurer la confiance entre acheteurs et vendeurs. La batterie n’est plus une variable inconnue. Elle devient un paramètre mesurable, vérifiable et communicable », affirme avec enthousiasme Hervé Eloin, directeur technique de MyBatteryHealth.












