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Tesla poursuit une société française qui a utilisé son nom Cybercab

Une entreprise française s’empare du nom « Cybercab », provoquant la colère de Tesla qui doit maintenant se battre juridiquement pour récupérer l’appellation de son robotaxi. Le géant américain se retrouve dans une situation délicate face à UNIBEV, qui a légalement déposé la marque plusieurs mois avant le lancement officiel du véhicule autonome. Avec une production déjà en cours au Texas, Tesla se voit contraint d’entamer une procédure judiciaire ou de négocier un accord financier probablement onéreux pour récupérer les droits d’utilisation de ce nom crucial pour sa stratégie commerciale.
La course aux marques, un jeu dangereux pour les grands groupes
Dans l’industrie technologique où les annonces anticipent souvent de plusieurs années les réalisations concrètes, la protection des noms commerciaux constitue un impératif stratégique fondamental. L’équipe juridique de Tesla a manifestement sous-estimé cette exigence. Dès le 29 avril 2024, bien avant que le robotaxi ne soit présenté officiellement, la société française UNIBEV avait déjà enregistré l’appellation « Cybercab » auprès des instances françaises compétentes. La législation internationale est particulièrement claire sur ce point : cette démarche confère une priorité absolue à l’entreprise hexagonale, reléguant la demande ultérieure de Tesla, déposée en novembre, au second rang.
Cette pratique, pour le moins opportuniste, est la spécialité de Jean-Louis Lentali, dirigeant d’UNIBEV. Ce dernier excelle dans ce qu’on appelle le « trademark squatting », consistant à s’approprier préemptivement des dénominations associées à des entreprises en vue pour ensuite monnayer leur cession. Son palmarès est éloquent : il détient déjà les droits sur « Teslaquila » et a tenté des opérations similaires avec « Cyberquad » ou « Cybertaxi ». Difficile de plaider l’ignorance quand on constate que l’intéressé suit méticuleusement les activités d’Elon Musk sur les plateformes sociales. C’est précisément sur cette base que les conseillers juridiques américains ont riposté le 18 février 2026, en déposant un volumineux dossier de contestation de 167 pages auprès du bureau américain des marques, dénonçant une manœuvre frauduleuse caractérisée par une évidente mauvaise foi.
Production lancée, mais identité contestée
Tandis que les experts juridiques s’affrontent dans des procédures complexes, Tesla a néanmoins franchi une étape décisive : le 17 février 2026, soit la veille du dépôt de la plainte américaine, le premier exemplaire commercial du robotaxi sortait des chaînes de production texanes. Le fabricant automobile se retrouve donc dans la situation paradoxale d’assembler un produit dont l’identité même fait l’objet d’un contentieux acharné. Cette précipitation témoigne de l’énorme pression qui s’exerce sur le secteur des véhicules autonomes, un domaine où les retards accumulés commencent à lasser les investisseurs et où l’occupation du terrain face aux concurrents représente un enjeu quotidien.
Pour éviter de nouvelles déconvenues similaires, la direction de Tesla a pris des mesures préventives en sécurisant d’autres appellations de repli. Des termes comme « Cybercar » ou « Cybervehicle » ont récemment fait l’objet d’enregistrements officiels, habilement mentionnés par Elon Musk lors de ses dernières interventions médiatiques pour préparer l’opinion. Le conflit avec UNIBEV a cependant peu de chances de s’éterniser dans les méandres administratifs. Le facteur temps joue défavorablement pour le constructeur américain, pressé de commercialiser son Cybercab sans traîner un handicap juridique. L’issue la plus probable reste un règlement financier discret, où quelques millions de dollars seront vraisemblablement versés pour effacer cet embarrassant obstacle et récupérer l’utilisation exclusive de cette dénomination stratégique.












