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Yakarouler : l’histoire d’une chute annoncée

Yakarouler, ça vous parle encore ? Ce site e-commerce de pièces auto à prix cassés a longtemps fait partie du paysage de l’aftermarket français. Jusqu’à ce que tout s’effondre. Entre promesses non tenues, clients furieux et procédures judiciaires, retour sur la descente aux enfers d’un acteur qui semblait pourtant promis à un bel avenir.
Les belles années : un concept qui marchait
Créé en 2006, Yakarouler s’était spécialisé dans la vente en ligne de pièces détachées auto avec une promesse simple : des prix bas garantis sur plus d’un million de références. Le positionnement discount attirait les automobilistes cherchant à réduire leur facture d’entretien.
Le modèle était plutôt malin. Un site web couplé à des magasins physiques (Thiais, Lyon, Lille selon les périodes) et un réseau de garages partenaires pour la livraison et le montage. Vous commandiez en ligne, récupériez en magasin ou faisiez livrer chez votre mécano. Pratique.
L’outil de recherche par plaque d’immatriculation garantissait la compatibilité des pièces. Fini les erreurs de référence, vous aviez théoriquement la bonne pièce pour votre véhicule. Sur le papier, tout roulait.
Les récompenses et le marketing qui fonctionnait
À la fin des années 2010, Yakarouler se la jouait champion du service client. La société mettait en avant son assistance 7j/7 et collectionnait les distinctions : « Meilleur service atelier », « Meilleur e-commerçant »… De quoi rassurer les automobilistes tentés par l’aventure du discount en ligne.
Le marketing fonctionnait bien. Les clients affluaient, séduits par les tarifs agressifs et les promesses de qualité. Mais derrière la façade, les problèmes s’accumulaient déjà.
Quand tout part en vrille
Les difficultés ont commencé à apparaître dès 2020. L’entreprise Discount Auto Center, qui exploitait Yakarouler, s’est retrouvée en cessation de paiement. Les signaux d’alerte se multipliaient : retards de livraison importants, ruptures de stock à répétition, litiges avec les clients qui s’accumulaient.
Le 3 février 2021, coup de massue : Yakarouler est placé en redressement judiciaire. Malgré cette procédure censée sauver l’entreprise, rien n’y fait. La société glisse inexorablement vers la liquidation judiciaire.
En juin 2021, Carter-Cash (groupe Mobivia) rachète les actifs. Une bouée de sauvetage qui n’empêchera pas le naufrage définitif de la marque Yakarouler.
Les témoignages clients qui font froid dans le dos
Si vous cherchez des avis récents sur Yakarouler, attachez votre ceinture. Les témoignages sont absolument catastrophiques. Retards monstrueux, pièces commandées remplacées par des références moins chères sans accord du client, impossibilité d’obtenir des remboursements…
Certains clients n’hésitent pas à parler d’« arnaque » ou de « site malhonnête ». On trouve des dizaines de témoignages de personnes ayant dû déposer plainte ou s’engager dans de longues démarches administratives pour récupérer leur argent.
Les forums automobiles regorgent d’histoires similaires. Commander sur Yakarouler était devenu une loterie : parfois ça passait, souvent ça coinçait. Et quand ça coinçait, impossible de joindre un service client digne de ce nom.
La fin officielle : absorption par Carter-Cash
Le 1er septembre 2023 marque la disparition définitive de Yakarouler. La marque et le site deviennent officiellement Carter-Cash. Le message est clair : « Yakarouler a cessé son activité », l’ensemble de l’offre est désormais accessible sur carter-cash.com.
Carter-Cash promet de conserver l’essentiel de l’offre pièces auto à bas prix qui faisait la réputation de Yakarouler à ses débuts. Le groupe Mobivia compte utiliser l’expertise digitale accumulée pour renforcer son e-commerce et viser une forte croissance de son chiffre d’affaires.
Ce qu’il reste de Yakarouler
Aujourd’hui, Yakarouler n’est plus qu’un souvenir. Un mauvais souvenir pour beaucoup de clients échaudés. Le site redirige automatiquement vers Carter-Cash, et la marque a complètement disparu de la communication du groupe.
Pour les automobilistes qui cherchent des pièces à prix serré, Carter-Cash reprend le flambeau avec une structure plus solide, un réseau de magasins physiques bien établi, et normalement moins de risques de procédures judiciaires.
Les leçons d’un échec retentissant
L’histoire de Yakarouler illustre parfaitement les dangers du modèle discount pur. Compresser les marges à l’extrême, ça fonctionne tant que les volumes sont là et que la gestion est irréprochable. Dès que ça coince, tout s’effondre.
Le service client était clairement le maillon faible. Promettre une assistance 7j/7 et ne pas pouvoir la tenir détruit la confiance plus vite que n’importe quel concurrent. Les réseaux sociaux et forums automobiles ont amplifié chaque problème, transformant des incidents isolés en crise de réputation généralisée.
Autre erreur fatale : remplacer des pièces commandées par des références moins chères sans prévenir le client. Cette pratique, si elle a vraiment eu lieu à grande échelle comme le suggèrent les témoignages, constitue une violation pure et simple de la confiance commerciale.
Carter-Cash peut-il redresser la barre ?
La vraie question maintenant, c’est de savoir si Carter-Cash saura éviter les erreurs de Yakarouler. Le groupe Mobivia a les reins plus solides financièrement, c’est indéniable. Le réseau de magasins physiques offre aussi une sécurité que Yakarouler n’avait pas vraiment.
Mais les anciens clients de Yakarouler resteront méfiants. La confiance se gagne lentement et se perd vite. Carter-Cash devra prouver que l’absorption de Yakarouler ne signifie pas la reproduction de ses erreurs.
Pour l’instant, le discours est rodé : mêmes prix bas, meilleure fiabilité, réseau solide. Reste à voir si la pratique suivra la théorie. Les automobilistes français, échaudés par l’expérience Yakarouler, observent de près.
Yakarouler restera dans les annales comme l’exemple parfait d’une belle idée mal exécutée. Vendre des pièces auto à prix cassé en ligne, c’est faisable. Mais sans structure solide, sans service client réactif, et sans respect du client, même le meilleur concept finit dans le mur. Leçon retenue.












