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Le Cybertruck sous les 60 000 $ : Tesla révise son offre

Présenté comme révolutionnaire, le Tesla Cybertruck peine à s’imposer sur le marché. Avec seulement 40 000 exemplaires vendus jusqu’à présent, les stocks s’accumulent de façon inquiétante. Face à cette situation préoccupante, le constructeur californien tente de redresser la barre en introduisant une version plus abordable à moins de 60 000 dollars. Toutefois, cette réduction tarifaire s’accompagne de nombreuses concessions techniques. Cette stratégie commerciale parviendra-t-elle à relancer les ventes d’un véhicule dont le design continue de diviser l’opinion?
Une réaction nécessaire face aux ventes décevantes
La production du Cybertruck à l’usine d’Austin tourne au ralenti. Ce pick-up au style controversé traverse une période commerciale difficile. Dévoilé avec grand fracas en 2019, le véhicule électrique de Tesla devait transformer radicalement le segment des utilitaires américains, mais les chiffres de vente racontent une tout autre histoire. L’entreprise dirigée par Elon Musk peine à écouler sa production, avec un volume total d’environ 40 000 unités commercialisées depuis fin 2023. Le désintérêt du public s’explique principalement par un positionnement prix jugé excessif lors de son lancement commercial. Le Cybertruck n’a pas réussi à jouer son rôle de produit phare capable de dynamiser l’ensemble de la gamme. De nombreux analystes du secteur qualifient désormais ouvertement ce lancement de véritable échec commercial. Une intervention sur la politique tarifaire devenait indispensable pour éviter l’effondrement des cadences de fabrication.
Pour contrer cette érosion de l’intérêt, le fabricant américain lance une nouvelle déclinaison proposée à seulement 59 990 dollars (environ 51 000 euros). Tesla avait déjà tenté une approche similaire en avril 2025 en commercialisant une version à propulsion arrière uniquement. Ce modèle d’entrée de gamme avait disparu du catalogue après quelques mois faute de demande suffisante. La nouvelle proposition corrige cette erreur en maintenant l’architecture bi-moteur, garantissant ainsi la transmission intégrale appréciée des utilisateurs. Cette révision tarifaire rapproche enfin le Cybertruck des engagements initiaux formulés lors de sa présentation originelle, où un prix d’accès compétitif constituait un argument commercial majeur. L’objectif actuel vise à séduire aussi bien les professionnels que les particuliers recherchant un véhicule utilitaire performant, sans devoir s’engager dans un investissement déraisonnable.
Les compromis techniques de cette version économique
Le spécialiste reconnu de l’actualité Tesla, Sawyer Merritt, a minutieusement analysé les caractéristiques de cette nouvelle version d’entrée de gamme. Il précise que le pick-up électrique conserve sa transmission aux quatre roues, ses performances d’accélération et son autonomie de 325 miles selon les normes américaines EPA, équivalant à environ 523 kilomètres, soit près de 600 km selon notre cycle d’homologation européen WLTP. Les modifications substantielles concernent principalement les trains roulants et les capacités fonctionnelles du véhicule. Par exemple, la suspension pneumatique adaptative, particulièrement avantageuse pour surmonter les obstacles ou ajuster la hauteur lors du chargement de la benne, disparaît complètement. Elle est remplacée par un système conventionnel à ressorts hélicoïdaux nettement moins sophistiqué. La capacité de traction subit également une réduction importante, passant de près de cinq tonnes à seulement trois tonnes sur cette version accessible. La charge utile transportable diminue aussi significativement, chutant de 1 130 kilos à environ 900 kilos. Le véhicule repose maintenant sur des jantes de 18 pouces, remplaçant les imposantes roues de 20 pouces proposées jusqu’à présent.
L’habitacle n’échappe pas aux restrictions budgétaires. La sellerie premium cède sa place à un revêtement en tissu plus modeste, et seuls les sièges avant bénéficient du chauffage. Les occupants des places arrière perdent leur écran de contrôle dédié, tandis que le système audio haut de gamme à 15 haut-parleurs est remplacé par une installation standard limitée à 7 enceintes. Le constructeur a également supprimé les deux prises électriques de 120 volts. Le système ingénieux de rails de fixation, pratique pour sécuriser efficacement les chargements dans le coffre, ne figure plus parmi les équipements standards. Sans surprise, cette version économique offre des prestations globalement inférieures aux déclinaisons premium. Reste à déterminer si ce nouveau tarif, stratégiquement positionné sous la barre psychologique des 60 000 dollars, suffira à relancer l’intérêt pour un véhicule dont l’esthétique demeure fortement contestée.












