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Les aides à l’achat plus généreuses dans ce pays : la France doit-elle suivre ?

Les faits le démontrent régulièrement : les subventions à l’achat sont cruciales pour dynamiser les ventes de véhicules électriques. L’Allemagne l’a expérimenté à ses dépens en début 2024, suite à la suppression de ses aides financières. Aujourd’hui, Berlin fait volte-face en réinstaurant ces subventions, tout en élargissant leur champ d’application à d’autres technologies de motorisation. Cette décision pourrait-elle inspirer d’autres pays européens?
L’Allemagne ressuscite son programme d’aides à l’achat
Les statistiques de vente de véhicules électriques progressent graduellement, mais restent fortement dépendantes des mécanismes d’incitation financière. Cette réalité s’observe sur tous les grands marchés automobiles. Aux États-Unis, l’arrêt des crédits d’impôt pour l’acquisition de véhicules zéro émission a provoqué un effondrement immédiat de la demande. En France, le phénomène s’est manifesté de façon moins dramatique, mais néanmoins significative. Le marché électrique a connu un ralentissement notable lorsque le gouvernement a diminué le montant des subventions.
L’Allemagne a connu une situation similaire. Fin 2023, le pays avait mis fin à son programme d’aides faute de ressources budgétaires. Conséquence directe : les immatriculations de voitures électriques ont plongé durant les premiers mois de 2024.
Pour inverser cette tendance préoccupante, l’Allemagne vient de réintroduire son système de subventions. À l’instar de la France, l’accès à ces aides est conditionné par divers critères d’éligibilité (revenus du foyer, nombre d’enfants…). Cependant, contrairement au modèle français, ces subventions s’appliquent non seulement aux véhicules 100% électriques, mais également aux hybrides rechargeables et aux modèles EREV (électriques avec prolongateur d’autonomie). Le montant des aides oscille entre 1 500 et 6 000 euros, selon la technologie du véhicule et la situation personnelle de l’acheteur.
Un dispositif ouvert aux constructeurs chinois
Au-delà de l’extension du programme aux motorisations hybrides rechargeables et EREV, l’Allemagne va encore plus loin dans sa démarche. Berlin a pris une décision étonnante en incluant dans son dispositif les véhicules propres d’origine chinoise, y compris ceux fabriqués en Chine. Cette approche semble en contradiction avec les efforts déployés par l’Union européenne pour inciter les constructeurs asiatiques à implanter leurs usines sur le territoire européen.
Par ailleurs, certains observateurs s’inquiètent d’une potentielle intensification de la concurrence entre les marques chinoises et les constructeurs européens. Toutefois, Carsten Schneider, ministre allemand de l’Environnement, ne partage pas ces préoccupations. « Je suis persuadé de la qualité des marques européennes et allemandes », a-t-il affirmé au média Automotive News. « Je ne vois aucune preuve tangible de cette prétendue invasion massive de constructeurs automobiles chinois en Allemagne, ni dans les statistiques ni sur nos routes. C’est pourquoi nous acceptons cette concurrence et n’imposons aucune restriction », précise-t-il.
En France, les mesures incitatives ont été récemment renforcées, le bonus « coup de pouce » pouvant désormais atteindre 5 700 euros. Ce montant peut même être porté à 6 700 euros pour les véhicules électriques équipés de batteries fabriquées en Europe. En revanche, il paraît extrêmement improbable que Paris revienne sur ses positions concernant l’inéligibilité des hybrides rechargeables et des véhicules importés de Chine. Ne serait-ce que par souci de cohérence politique…












