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Prix du pétrole en flamme : hausse continue qui ne s’arrêtera pas bientôt ?

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Prix du pétrole en flamme : hausse continue qui ne s'arrêtera pas bientôt ?

L’envolée des prix du pétrole pourrait s’inscrire dans la durée suite aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Comme anticipé, le marché pétrolier connaît une forte hausse ce lundi 2 mars, conséquence directe des opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran. Dans ce contexte d’escalade, le cours du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a momentanément franchi la barre des 80 dollars avant de se stabiliser autour de 78 dollars.

La situation s’avère particulièrement préoccupante pour les marchés énergétiques, d’autant plus qu’après l’attaque iranienne contre deux navires commerciaux dimanche près d’Oman et des Émirats arabes unis, l’Organisation maritime internationale (OMI) a recommandé aux compagnies de transport maritime d’« éviter la zone », selon les informations de BFM. Cette directive a été rapidement suivie par les principales entreprises du secteur, qui ont interrompu leurs opérations dans la région.

D’après Les Échos, les compagnies d’assurance ont également pris des mesures drastiques en supprimant les garanties contre les risques de guerre pour les navires traversant le détroit d’Ormuz. Les nouveaux tarifs d’assurance ont bondi de 0,25% à 0,375% de la valeur des bâtiments. Cette augmentation représente un coût considérable pour les pétroliers, dont la valeur dépasse fréquemment cent millions de dollars, tandis que les installations portuaires israéliennes font face à des hausses comparables.

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L’accès au détroit d’Ormuz, point de passage pour environ 20% de la consommation mondiale de pétrole, est pratiquement bloqué, rapporte BFM. Cette situation alimente les craintes des experts du secteur. Le cabinet d’analyse Eurasia Group prévoit que « si l’interruption des livraisons via Ormuz se prolonge, le prix du brut pourrait rapidement atteindre 100 dollars le baril, particulièrement en cas d’attaques contre les infrastructures pétrolières régionales ». De tels niveaux n’ont plus été observés depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, qui avait sévèrement impacté l’économie mondiale.

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Les conséquences logistiques sont immédiates : le transporteur maritime Maersk réoriente désormais ses navires vers le cap de Bonne-Espérance, allongeant les trajets d’une dizaine de jours. Les Échos soulignent que l’affrètement d’un super-pétrolier à destination de la Chine coûte maintenant 225 000 dollars quotidiens, contre seulement 33 000 dollars début 2026. Le régime iranien a manifestement décidé de fermer ce passage stratégique qui sert également au transit du gaz naturel liquéfié.

Pour tenter d’apaiser l’inquiétude des marchés, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep+), incluant l’Arabie Saoudite et la Russie, ont annoncé dimanche une augmentation de leurs quotas de production, les portant à 206 000 barils supplémentaires par jour dès avril.

Cette mesure ne suffit cependant pas à rassurer les analystes, comme le souligne Charu Chanana de Saxo Markets, citée par Le Parisien : « La perturbation touchant l’ensemble du Golfe, la dissipation de cette prime de risque géopolitique pourrait nécessiter du temps, notamment en raison du rôle essentiel de cette région dans l’approvisionnement énergétique mondial ».

Cette dynamique haussière pourrait d’ailleurs constituer un levier stratégique pour l’Iran. Bien que le pétrole représente une ressource économique cruciale pour le régime iranien, la persistance de prix élevés risque de mettre Donald Trump dans une position délicate, conscient de la sensibilité des électeurs américains à cette question. À l’approche des élections de mi-mandat, le président pourrait être incité à rechercher une désescalade rapide si les tensions continuent de faire grimper les cours du pétrole.