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Nouvelles mesures contre la crise énergétique : qui sera concerné ?

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Nouvelles mesures contre la crise énergétique : qui sera concerné ?

L’explosion des tarifs des carburants liée au conflit iranien continue sans interruption. Le gouvernement a déjà mis en place certaines mesures d’urgence en début de semaine, mais annonce désormais vouloir renforcer son dispositif. Toutefois, ces aides supplémentaires ne concerneront pas l’ensemble des Français.

Depuis que l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz fin février, les prix des carburants connaissent une hausse vertigineuse. Cette zone maritime stratégique concentre une proportion majeure du trafic pétrolier mondial, et son blocage a instantanément créé une tension sur l’approvisionnement. Le marché des engrais suit également cette tendance inflationniste, sachant qu’un tiers des échanges mondiaux de ces produits emprunte habituellement cette voie maritime.

Face à cette crise, plusieurs nations européennes ont décidé d’intervenir pour soutenir tous leurs automobilistes. L’Italie a diminué sa fiscalité sur les carburants de 25 centimes par litre pour une période de 20 jours. Du côté grec, un système de carte carburant numérique a été instauré, offrant l’équivalent d’une réduction de 36 centimes par litre, tandis que la Suède a opté pour une baisse de taxation de 9 centimes sur l’essence et 4 centimes sur le gazole.

L’Espagne a adopté une approche encore plus radicale en réduisant de moitié sa TVA sur les carburants – passant de 21% à 10% – ce qui représente une économie d’environ 20 centimes par litre pour les conducteurs. La France, quant à elle, privilégie une stratégie différente.

Des aides « ciblées » plutôt que généralisées

En début de semaine, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, conjointement avec le ministère des Transports, a présenté un premier train de mesures : reports de paiement pour les cotisations MSA et certaines obligations fiscales, facilitation de prêts de trésorerie destinés aux agriculteurs, pêcheurs et transporteurs routiers, ainsi qu’une enveloppe de 500 millions d’euros de financements structurels pour soutenir les secteurs économiques les plus vulnérables.

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Ce jeudi 26 mars, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a indiqué sur les ondes de RTL que l’exécutif « sera en mesure de dévoiler des dispositifs additionnels pour les professionnels à forte consommation de carburant dans les jours qui viennent ». Les secteurs prioritaires sont déjà identifiés : transport de marchandises, pêche et agriculture. Mais l’aide ne sera pas étendue au-delà de ces catégories professionnelles. « Seule une approche ciblée sera efficace », a affirmé catégoriquement le ministre, qui a par ailleurs organisé une rencontre d’urgence réunissant les ministres des Finances et de l’Énergie du G7, ainsi que les responsables des banques centrales, programmée dès lundi pour élaborer une stratégie internationale coordonnée. « Nous sommes confrontés à un choc exogène qui aura un coût collectif, l’enjeu est de répartir équitablement cette charge et d’y répondre collectivement », a-t-il précisé.

En attendant ces nouvelles dispositions, la situation risque de rester tendue. Et la crise pourrait prochainement s’étendre au-delà du seul secteur des carburants. Le détroit d’Ormuz voit en effet transiter mensuellement près de 4 millions de tonnes de naphta, composant essentiel pour l’ensemble de l’industrie pétrochimique mondiale. Matières plastiques, produits pharmaceutiques, fibres synthétiques, produits cosmétiques : plus de 90% des objets quotidiens en dépendent directement, ce qui laisse présager une inflation significative sur de nombreux biens de consommation courante.