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MG7 électrique: design Porsche, autonomie et avenir incertain en Europe

Les clichés diffusés par MG sont volontairement parcimonieux en détails, comme il est d’usage avec les prototypes sous camouflage. Toutefois, certaines caractéristiques du MG 07 se devinent à travers ces images. Le véhicule semble adopter une carrosserie fastback prononcée, avec des phares avant qui s’intègrent de manière dynamique dans la ligne générale, rappelant l’esthétique caractéristique des modèles Ferrari. Côté arrière, les éclairages ainsi que le design des jantes évoquent fortement la Porsche Taycan, une inspiration que le constructeur chinois SAIC ne cherche visiblement pas à dissimuler, comme en témoignait déjà leur récent modèle SAIC Z7 qui empruntait une direction stylistique comparable.
Concernant le gabarit, le MG 07 devrait conserver des dimensions similaires à la MG7 thermique actuellement commercialisée sur le marché chinois, soit approximativement 4,88 mètres de longueur. Cette dernière propose aujourd’hui deux motorisations essence – un bloc 1,5 litre développant 188 ch et un 2,0 litres offrant 261 ch – que la nouvelle mouture remplacerait par une propulsion intégralement électrique, du moins dans sa configuration standard.
La technologie Momenta R7 en compétition directe avec Tesla
L’innovation majeure annoncée concerne l’équipement technologique embarqué. Le MG 07 figurera parmi les premiers véhicules produits en série intégrant le système R7 développé par Momenta, entreprise chinoise spécialisée dans les technologies de conduite autonome. Son directeur général, Xudong Cao, se montre particulièrement assertif en établissant une comparaison directe entre leur solution R7 et le FSD V14 de Tesla.
Selon Momenta, l’entreprise a déjà accumulé plus de 100 millions de kilomètres de données issues de conditions réelles de circulation et développé plus d’un million de scénarios d’apprentissage. La firme prévoit d’étendre sa flotte de 80 000 à 200 000 véhicules avant fin 2023, avec une perspective à long terme de 10 millions d’unités. Des objectifs ambitieux, bien que l’historique du secteur de la conduite autonome nous enseigne que les délais annoncés sont rarement respectés.
Xudong Cao avance également un argument intéressant : l’environnement routier chinois présenterait des défis plus complexes que les infrastructures américaines, notamment en raison d’une concentration supérieure de piétons, deux-roues et véhicules utilitaires en zones urbaines. Cette réalité pourrait constituer un terrain d’entraînement plus exigeant et potentiellement conférer un avantage technique substantiel face au concurrent américain.
Déploiement européen : entre stratégie et questionnements
Pour l’instant, MG n’a pas officialisé de plans de commercialisation en Europe. Cependant, plusieurs éléments suggèrent une introduction probable sur le marché européen : la marque anglo-chinoise s’efforce depuis quelques années de repositionner son image vers le segment premium, comme l’illustrent des lancements tels que le roadster Cyberster ou la création de la sous-marque IM. Une berline électrique sportive de ce calibre s’inscrirait parfaitement dans cette stratégie d’élévation.
Des informations non confirmées évoquent également la possibilité d’une variante dotée d’un prolongateur d’autonomie, où le moteur thermique fonctionnerait exclusivement comme générateur d’électricité, sans connexion mécanique avec les roues. Cette approche, particulièrement populaire en Chine, pourrait séduire les consommateurs européens encore hésitants face à l’adoption d’un véhicule entièrement électrique de grand format.
La question demeure de savoir si le produit finalisé sera à la hauteur des ambitions affichées. Si MG a su créer la surprise ces dernières années avec une politique tarifaire agressive, le défi actuel consiste à démontrer sa capacité à convaincre en termes de qualité perçue et d’innovation technologique.













