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Voiture électrique chinoise: pourquoi échappe-t-elle aux taxes douanières UE?

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Voiture électrique chinoise: pourquoi échappe-t-elle aux taxes douanières UE?

L’Union européenne a mis en place depuis juillet 2024 une taxation douanière sur les véhicules électriques fabriqués en Chine lors de leur arrivée sur le territoire communautaire. Cependant, une exception notable vient d’être révélée : le SUV Cupra Tavascan, bien que produit en Chine, échappe désormais à ces droits de douane. Cette situation inhabituelle soulève de nombreuses questions sur les mécanismes d’application des barrières commerciales européennes.

Une négociation discrète entre le groupe Volkswagen et les autorités européennes

Alors que les modèles des constructeurs chinois comme XPeng, Chery ou Changan sont systématiquement soumis aux taxes douanières instaurées par Bruxelles il y a environ 18 mois, le Cupra Tavascan fait figure d’exception unique. Cette situation est d’autant plus surprenante que ce SUV électrique, assemblé dans l’usine Volkswagen d’Anhui en Chine, était jusqu’à présent également assujetti à ces taxes supplémentaires. Comment expliquer ce revirement?

Des négociations en coulisses semblent avoir été déterminantes. Le groupe Volkswagen, propriétaire de la marque Cupra, a apparemment réussi à convaincre les instances européennes que la situation de production du Tavascan était particulière. L’argument principal avancé serait que la fabrication du véhicule n’est pas subventionnée par l’État chinois, mais financée par des investissements européens. Cette distinction cruciale a visiblement suffi à persuader Bruxelles d’accorder une dérogation.

Cette décision n’a évidemment pas été accueillie favorablement par les autorités chinoises. Pékin y voit un traitement préférentiel accordé à un constructeur européen, alors que les marques chinoises restent pénalisées par ces mesures protectionnistes sur le marché européen.

Une baisse de prix pour le Tavascan est-elle envisageable en Europe?

Si cette exemption peut sembler avantageuse pour Cupra, elle s’accompagne de conditions strictes. Le constructeur espagnol devra notamment respecter un prix plancher imposé par la réglementation européenne. Cette contrainte signifie que Cupra ne pourra pas commercialiser son Tavascan en-dessous d’un certain montant, ce qui limitera sa marge de manœuvre tarifaire. Par conséquent, il paraît peu probable que le prix actuel de 40 490 euros pratiqué en France puisse être revu significativement à la baisse.

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De plus, l’accord conclu comprend une seconde restriction majeure. Cupra sera soumis à un quota limitant le nombre de véhicules Tavascan pouvant être importés de Chine vers l’Europe. Les détails précis concernant cette limitation quantitative n’ont pas encore été rendus publics, mais elle constitue une contrepartie importante à l’exemption des droits de douane.

Bien que cet arrangement ne constitue pas à proprement parler un traitement de faveur, il pourrait créer un précédent et ouvrir la voie à des négociations similaires avec d’autres constructeurs. Tesla, qui importe sa Model 3 de Chine, ou BMW, dont les nouveaux modèles Mini Cooper sont également produits dans l’Empire du Milieu, pourraient être intéressés à obtenir des conditions comparables. Ce cas particulier illustre la complexité des relations commerciales entre l’Europe et la Chine dans le secteur automobile en pleine transition électrique.