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1500 km sans recharge : la nouvelle batterie chinoise qui intrigue le marché

Le constructeur chinois annonce l’intégration de ses accumulateurs Golden Bell sur des véhicules tests avant le troisième trimestre 2026. Grâce à une densité énergétique révolutionnaire, ces dispositifs pourraient permettre d’atteindre une autonomie avoisinant les 1500 km. Simultanément, l’entreprise déploie des batteries au sodium en collaboration avec CATL, destinées à équiper ses modèles économiques capables de résister aux conditions climatiques les plus rigoureuses.
La technologie de stockage énergétique franchit un cap décisif
Depuis plus d’une décennie, les promesses concernant l’avènement des accumulateurs à électrolyte solide se multiplient. Les départements de recherche et développement des principaux groupes automobiles internationaux assuraient que cette innovation transformerait radicalement nos modes de déplacement, tout en repoussant invariablement sa commercialisation effective. Les défis liés à la production industrielle semblaient insurmontables. Pourtant, la situation évolue aujourd’hui significativement. Le groupe automobile chinois Changan concrétisera ses ambitions avant le troisième trimestre de l’année en cours, en dotant ses prototypes de développement de ces nouvelles technologies énergétiques. La fabrication à grande échelle est déjà programmée pour l’an prochain.
Sa division Golden Bell, créée en novembre 2023 pour piloter le développement des accumulateurs du groupe, a conçu une cellule possédant une densité énergétique atteignant 400 Wh/kg, pulvérisant ainsi les références actuelles. Pour mesurer l’ampleur de cette avancée, rappelons que les meilleures batteries lithium-ion (NMC) disponibles aujourd’hui atteignent péniblement 260 Wh/kg. Dans une perspective industrielle, cette densité permet de concentrer davantage d’énergie dans un espace limité tout en maîtrisant parfaitement la masse. Les automobiles équipées de cette technologie pourront ainsi franchir le seuil des 1500 km d’autonomie avec une seule charge complète!
Le niveau de sécurité atteint également des sommets inégalés. Pour quelle raison? Car la substitution du liquide inflammable par un composant solide diminue considérablement les risques de surchauffe incontrôlée. Le constructeur évoque même une progression sécuritaire de l’ordre de 70% comparativement aux accumulateurs traditionnels! Cette avancée s’accompagne d’une supervision numérique permanente. Des dispositifs d’analyse à distance, optimisés par intelligence artificielle, examineront la tension et la température de chaque élément en continu pour prévoir tout dysfonctionnement potentiel.
Comment répondre aux besoins du segment accessible?
Changan sécurise également le marché des véhicules économiques. En effet, la société chinoise poursuit une stratégie bidirectionnelle en établissant parallèlement un accord avec le fabricant d’accumulateurs CATL. Conjointement, ils ont développé une batterie au sodium présentant une densité énergétique de 175 Wh/kg. Cette valeur convient parfaitement pour des véhicules urbains ou des berlines compactes. Selon le fabricant, ces unités maintiennent leurs caractéristiques physiques et leur efficacité énergétique même lorsque la température chute jusqu’à -50°C. Les régions nordiques ou montagneuses, où l’autonomie diminue drastiquement en période hivernale, disposeront ainsi d’une solution idéale. Les premiers modèles bénéficiant de cette architecture seront les Changan Nevo Q05 et Nevo A06, offrant approximativement 400 kilomètres d’autonomie pour un prix particulièrement compétitif.
Les fabricants européens s’efforcent actuellement de garantir leurs approvisionnements en batteries LFP afin de diminuer les coûts de production de leurs petits modèles. Dans le même temps, un acteur asiatique s’apprête à commercialiser la technologie suivante sur les segments supérieurs tout en démocratisant une chimie encore plus économique pour ses véhicules d’entrée de gamme. La pression exercée sur les marges bénéficiaires s’annonce considérable. Si les premiers véhicules de test dotés d’accumulateurs solides confirment leurs performances annoncées, l’industrie automobile européenne risque de se retrouver simple observatrice d’une révolution qu’elle pensait pourtant diriger. Le décalage technologique s’accentue à une cadence alarmante.












