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Rappel de 370 000 véhicules : le modèle électrique de Xiaomi sous pression

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Rappel de 370 000 véhicules : le modèle électrique de Xiaomi sous pression

L’industrie automobile est en émoi suite aux révélations d’une enquête qui remet en question les fondamentaux d’un ambitieux projet industriel. À l’heure où les chiffres de ventes atteignaient des sommets et où la demande explosait, un drame aux conséquences fatales vient mettre en lumière les compromis parfois dangereux consentis au nom de l’esthétique automobile.

Une conception esthétique remise en question

L’enthousiasme qui entourait le lancement de la berline électrique SU7, première incursion du géant technologique Xiaomi dans le secteur automobile, connaît un brutal coup d’arrêt. Selon un rapport médico-légal révélé par le média économique Yicai, un accident mortel survenu en octobre dernier impliquant une SU7 Ultra soulève de graves questions. Le rapport établit que, malgré une collision à 167 km/h par un conducteur en état d’ébriété, ce n’est pas le choc lui-même qui s’est avéré mortel. La victime a péri carbonisée, incapable de s’extraire d’un habitacle devenu inviolable après l’impact.

L’élément mis en cause est un attribut de design prisé par les constructeurs soucieux d’optimiser l’aérodynamisme : les poignées de portes affleurantes entièrement électrifiées. Lors de la collision, le système électrique basse tension a immédiatement cessé de fonctionner, rendant inopérant tout le mécanisme d’ouverture depuis l’extérieur. Malgré les efforts désespérés de plusieurs témoins tentant de forcer les portières, l’absence d’un système mécanique de secours accessible de l’extérieur a condamné l’occupant. Les témoins ont assisté, désemparés, à l’incendie progressif du véhicule. Les spécialistes affirment qu’une simple poignée mécanique conventionnelle aurait vraisemblablement permis de secourir le conducteur avant que l’incendie ne devienne fatal.

Le baptême du feu pour le nouveau constructeur

Les médias font désormais pression pour que Lei Jun, le charismatique fondateur de la marque, décrète un rappel immédiat des quelque 370 000 exemplaires de la première génération de SU7 déjà en circulation. Ce moment représente un test crucial pour une entreprise issue de l’univers technologique, habituée à résoudre les problèmes par de simples mises à jour logicielles à distance. Dans ce cas, la défaillance est matérielle, inhérente à la conception même du véhicule, et ne peut être corrigée par une simple modification informatique.

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Xiaomi semble avoir partiellement compris la gravité de la situation. Si la fabrication du modèle original a été interrompue en février pour céder la place à une nouvelle version équipée, elle, de poignées de secours mécaniques, la question des véhicules déjà commercialisés reste entière. L’entreprise a précipitamment annoncé la formation d’un conseil consultatif de sécurité disposant d’un pouvoir de veto sur les futurs développements, une tentative de rassurer alors que les régulateurs chinois ont déjà pris position. D’ici 2027, la réglementation nationale interdira définitivement les systèmes d’ouverture dépourvus d’alternative mécanique. En attendant, les propriétaires actuels se retrouvent au volant d’un véhicule dont le design sophistiqué pourrait se transformer en piège mortel en cas d’accident grave. L’enjeu est considérable pour la marque. Sa réputation d’excellence, construite sur des millions d’appareils électroniques vendus, risque de s’effondrer si elle ne gère pas ces 370 000 cas avec la rigueur et l’honnêteté qu’exige une telle défaillance de sécurité.