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Hausse du prix des carburants en France : les premières mesures gouvernementales

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Hausse du prix des carburants en France : les premières mesures gouvernementales

Le conflit iranien provoque une envolée des prix du carburant en France, touchant de nombreux secteurs économiques essentiels. Face à cette situation critique, le gouvernement vient de dévoiler un premier ensemble de mesures destinées principalement aux professionnels, laissant pour l’instant les particuliers sans soutien spécifique.

La situation au détroit d’Ormuz, désormais fermé par l’Iran, génère des ondes de choc à l’échelle planétaire. Ce corridor maritime stratégique, par lequel transite une proportion significative des exportations pétrolières mondiales, provoque par son blocage une tension immédiate sur les marchés et l’approvisionnement global en hydrocarbures.

En moins d’un mois, le prix du gazole non routier (GNR), carburant essentiel pour les machines agricoles, a connu une hausse spectaculaire passant de 1,30 à 1,95 euro le litre. Les fertilisants suivent la même tendance haussière, sachant que ce même détroit concentre un tiers du commerce mondial d’engrais. Pour répondre à cette crise, l’exécutif français a présenté les 23 et 24 mars plusieurs dispositifs d’urgence.

Quels secteurs bénéficient des aides?

Les premières annonces gouvernementales du lundi concernaient d’abord le secteur du transport routier et celui de la pêche. Pour les transporteurs, l’État a prévu des possibilités d’étalement fiscal et des reports de charges sociales, sans pénalités ni majorations. Les pêcheurs, quant à eux, pourront accéder à des prêts garantis par Bpifrance pour soulager leur trésorerie, ainsi qu’à des dispositifs similaires d’échelonnement de leurs obligations financières.

Le lendemain, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, s’est exprimée sur BFMTV pour détailler les mesures destinées au monde agricole. Elle a annoncé des reports de cotisations MSA et d’obligations fiscales pour les exploitants. La ministre a également évoqué la création d’un «prêt carburant à court terme pour soutenir les trésoreries les plus impactées par la hausse du GNR».

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L’urgence est d’autant plus grande que la reprise des travaux agricoles saisonniers entraîne mécaniquement une augmentation de la consommation de carburant. Pour les filières structurellement fragilisées, le gouvernement a promis des «prêts structurels d’un montant global de 500 millions d’euros». Un «grand plan engrais» a également été mentionné, sans précision supplémentaire à ce stade sur son contenu ou son calendrier de déploiement.

Une stratégie qui contraste avec celle des pays voisins

Confrontés aux mêmes tensions sur les prix, plusieurs États européens ont opté pour des interventions plus directes et immédiates. L’Italie a ainsi diminué sa fiscalité sur les carburants de 25 centimes par litre pour une durée de 20 jours, tandis que la Suède applique désormais une réduction de 9 centimes sur l’essence et 4 centimes sur le gazole. Les autorités grecques ont pour leur part mis en place une «carte carburant numérique» offrant l’équivalent d’une réduction de 36 centimes par litre.

L’Espagne a adopté une approche encore plus radicale: depuis le 22 mars, la TVA appliquée aux carburants a été réduite de moitié, passant de 21% à 10%, ce qui représente une économie moyenne estimée à 20 centimes par litre pour les consommateurs.

Il convient de souligner que cette crise pourrait avoir des conséquences bien au-delà du simple prix à la pompe. Le détroit d’Ormuz est également un point de passage crucial pour environ 4 millions de tonnes mensuelles de naphta, composant fondamental pour toute l’industrie pétrochimique mondiale. Cette substance intervient dans la fabrication de plastiques, textiles synthétiques, produits pharmaceutiques, cosmétiques et peintures : plus de 90% des objets de notre quotidien en dépendent, directement ou indirectement.

  • Depuis le début du conflit en Iran fin février et la fermeture consécutive du détroit d’Ormuz, les prix des carburants et des engrais ont considérablement augmenté en France.
  • L’exécutif a présenté cette semaine ses premières mesures d’urgence ciblant spécifiquement les transporteurs routiers, les pêcheurs et les agriculteurs.
  • Contrairement à plusieurs pays européens qui ont immédiatement baissé leurs taxes sur les carburants, la France n’a pas encore annoncé de mesure d’aide directe pour les particuliers à la pompe.