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Stellantis abandonne Tesla pour des crédits CO2 et privilégie son allié chinois

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Stellantis abandonne Tesla pour des crédits CO2 et privilégie son allié chinois

Depuis quelques années, le groupe automobile Stellantis faisait partie des constructeurs européens qui achetaient des crédits carbone auprès de Tesla. Le mécanisme est assez simple à comprendre : les fabricants spécialisés dans les véhicules électriques comme Tesla génèrent naturellement un surplus de crédits CO₂, qu’ils peuvent transférer à d’autres groupes automobiles pour les aider à réduire leur moyenne d’émissions au niveau réglementaire. Ce système, connu sous le nom de "pooling", permet aux constructeurs d’échapper à des sanctions financières potentiellement considérables imposées par les instances européennes.

Cependant, au cours du mois de février, Stellantis a mis fin à son partenariat avec Tesla concernant l’achat de crédits CO₂, selon plusieurs sources spécialisées. Le conglomérat automobile a récemment officialisé sa nouvelle stratégie : le constructeur chinois Leapmotor deviendra son nouveau fournisseur de crédits dès 2026. Les montants impliqués sont substantiels : si les transferts s’élevaient à 138 millions d’euros en 2025, ils pourraient atteindre jusqu’à 350 millions cette année, portés par l’expansion commerciale de Leapmotor sur le territoire européen.

Une transaction qui reste dans le giron du groupe

La particularité de cet accord ne réside pas uniquement dans sa dimension commerciale, mais dans le fait qu’il s’opère au sein d’un écosystème créé par Stellantis lui-même. Le géant automobile détient effectivement 20% du capital de Leapmotor et a établi avec lui une joint-venture destinée à commercialiser les véhicules chinois hors de leur marché d’origine. L’acquisition de crédits CO₂ auprès de Leapmotor s’apparente donc, dans une certaine mesure, à une opération interne au groupe.

Cette collaboration s’étend également au domaine industriel. Le constructeur chinois a dévoilé en mars son intention de fabriquer ses modèles B10 et B05 en Espagne à partir d’octobre 2026, très probablement dans l’usine Stellantis située à Figueruelas, près de Saragosse. En d’autres termes, les véhicules qui généreront ces précieux crédits carbone seront bientôt assemblés dans les installations mêmes du groupe franco-italo-américain.

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Un révélateur des défis liés aux exigences environnementales européennes

Au-delà des considérations financières, cette stratégie met en lumière une réalité moins reluisante pour les constructeurs traditionnels : leur difficulté à électrifier suffisamment rapidement leur gamme pour satisfaire aux normes européennes. L’achat de crédits carbone représente une solution temporaire, un expédient. Et un expédient particulièrement onéreux.

Pour Stellantis, dont les performances financières récentes ont montré quelques signes de fragilité, l’allocation potentielle de 350 millions d’euros pour respecter les contraintes réglementaires constitue un investissement conséquent. La décision de rediriger ces fonds vers un partenaire stratégique plutôt que vers Tesla présente une cohérence économique indéniable. Toutefois, elle ne résout pas la question fondamentale de l’accélération (encore insuffisante) de la transition électrique du groupe lui-même.