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Leasing social 2026: Renault et Stellantis prêts à prolonger leur réussite

L’annonce récente du Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’apporter un nouveau souffle au marché de la mobilité électrique en France. Un contingent de 50 000 véhicules supplémentaires sera mis à disposition dès juin dans le cadre du dispositif de leasing social, une mesure qui s’inscrit dans une stratégie nationale d’électrification plus ambitieuse. Cette initiative, qui connaîtra sa troisième édition, a déjà permis à 100 000 foyers aux revenus modestes d’accéder à des voitures électriques avec des conditions financières particulièrement avantageuses que le marché conventionnel ne propose pas. Cette fois-ci, le programme cible particulièrement les conducteurs parcourant de longues distances quotidiennes et qui subissent de plein fouet l’augmentation constante du prix des carburants, pour lesquels la transition vers l’électromobilité représente une véritable opportunité d’économies substantielles.
Les résultats des précédentes phases du dispositif sont encourageants : l’année 2025 a vu 327 000 véhicules électriques neufs immatriculés en France, et le premier trimestre 2026 compte déjà 112 000 nouvelles immatriculations, représentant 28% du marché automobile global. Une performance remarquable comparée à la moyenne européenne qui stagne autour de 19% sur la même période. Si le leasing social n’explique pas à lui seul cette dynamique positive, son impact sur l’accélération de l’adoption des véhicules électriques en France est indéniable.
Les constructeurs nationaux en position de force
Les deux géants français de l’automobile affichent un optimisme naturel face à cette nouvelle. Lors de l’édition 2025, Stellantis avait remporté près de la moitié des contrats avec environ 23 400 véhicules issus de ses marques Peugeot, Citroën et Fiat. Le groupe Renault n’était pas en reste avec 15 000 véhicules fournis. Ensemble, ces deux constructeurs ont dominé le programme en représentant 75% des véhicules distribués dans le cadre du dispositif.
Dans leurs communiqués publiés vendredi, les deux groupes restent prudents mais clairement favorables. Stellantis "accueille favorablement les décisions gouvernementales" et affirme être "totalement investi" dans la transformation de son catalogue, tandis que Renault estime que ces mesures d’encouragement sont nécessaires, "particulièrement après les investissements conséquents" réalisés par le groupe. Des déclarations prévisibles de la part d’acteurs industriels qui bénéficient largement de ces politiques de soutien public.
Un secteur encore dépendant des subventions
Cette troisième phase du programme soulève une question fondamentale que les acteurs de l’industrie préfèrent éluder : quelle est la viabilité du marché français des véhicules électriques sans le soutien financier de l’État? Renault aborde discrètement ce point en soulignant l’importance de réunir "l’ensemble des conditions favorables", notamment un coût de l’électricité compétitif et la pérennisation des aides à l’acquisition pour "l’ensemble des ménages français".
Les objectifs gouvernementaux demeurent ambitieux : atteindre 400 000 immatriculations électriques en 2027, puis un million d’ici 2030. Ces prévisions impliquent nécessairement un développement significatif du marché au-delà des seuls dispositifs subventionnés. Pour l’heure, les constructeurs se réjouissent de cette nouvelle manne tout en gardant un œil attentif sur les futures initiatives gouvernementales.














