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Marché américain : la douche froide pour les voitures électriques, sauf…

Depuis le début de l’année, la voiture électrique connaît une dynamique globalement positive à l’échelle de la planète. Les derniers chiffres disponibles font état d’une hausse de 3 % en mai, ce qui confirme une tendance haussière observée sur les trois derniers mois. Pourtant, derrière cette moyenne encourageante se cachent des réalités très contrastées selon les pays. Certains marchés peinent à suivre le rythme, notamment la Chine et les États-Unis, deux puissances qui partagent quelques facteurs explicatifs communs. Mais outre-Atlantique, une particularité mérite d’être soulignée : tandis que le marché électrique s’effondre globalement, Tesla affiche une trajectoire radicalement opposée.
Le marché américain de l’électrique en pleine tourmente
Les États-Unis constituent un terrain de jeu à nul autre pareil dans l’industrie automobile. Berceau des grosses cylindrées, des courses sur circuit ovale et de la culture de l’essence roi, le pays n’était pas considéré comme un terreau naturellement fertile pour le véhicule à batterie il y a encore quelques années. Malgré tout, les ventes avaient réussi à progresser progressivement, portées par des acteurs locaux tels que Tesla, mais aussi et surtout par une politique publique ambitieuse favorisant l’acquisition de véhicules zéro émission. Cette dynamique était le fruit direct des orientations prises sous l’administration Biden.
Mais le retour de Donald Trump à la présidence a tout remis à plat. L’ensemble des dispositifs d’aide à l’achat de voitures électriques a été balayé, et depuis octobre 2025, aucune subvention fédérale ne vient plus soutenir ce segment. Les conséquences sur les ventes ont été immédiates et brutales. En janvier, le recul atteignait 41 %, un chiffre proprement vertigineux. En février, la chute restait sévère à 37 %, puis à 25 % en mars. Avril a certes marqué un ralentissement de cette hémorragie avec un repli limité à 9,8 %, mais ce chiffre ne doit pas faire illusion : il s’inscrit dans une tendance de fond qui ne montre aucun signe d’inversion. Et dans la mesure où Trump ne semble pas disposé à infléchir sa position sur la question de la transition électrique, il serait naïf d’espérer un retournement spontané du marché dans les prochains mois.
Un effondrement généralisé… auquel Tesla échappe allègrement
Dans cet environnement particulièrement difficile, la quasi-totalité des constructeurs automobiles présents sur le marché américain subit de plein fouet la désaffection des acheteurs pour le véhicule électrique. Ford, General Motors et les autres voient leurs immatriculations de modèles à batterie reculer de façon significative. Sauf que, dans ce tableau morose, un acteur fait figure d’exception absolument remarquable : Tesla.
Alors que ses rivaux battent en retraite, la marque fondée par Elon Musk affiche des livraisons en progression. D’après les données compilées par S&P Global Mobility, Tesla a enregistré une hausse de 13 % de ses ventes en avril aux États-Unis, avec près de 45 800 véhicules écoulés sur le seul marché domestique. Un volume que personne parmi ses concurrents n’est en mesure d’approcher. La conséquence directe de cette performance est une part de marché désormais supérieure à 51 % dans le segment électrique américain. Autrement dit, une voiture électrique neuve sur deux vendue aux États-Unis sort des usines Tesla.
Ce qui rend cette performance d’autant plus impressionnante, c’est qu’elle survient alors que la marque a considérablement réduit l’étendue de sa gamme ces derniers temps. Le Model S et le Model X ont en effet été retirés du catalogue en début d’année, même si des exemplaires restent disponibles en stock chez certains distributeurs. Cette contraction de l’offre n’a donc pas freiné l’élan commercial de la firme. Le véritable moteur de cette réussite porte un nom bien identifié : le Model Y. Ce SUV compact a trouvé preneur à plus de 31 000 reprises en avril aux États-Unis, soit une progression de plus de 60 % par rapport aux chiffres de mars, une envolée spectaculaire. En revanche, le Cybertruck continue de peiner à convaincre les acheteurs, mais ses contre-performances restent insuffisantes pour ternir le bilan d’ensemble de Tesla sur son marché d’origine.













