Connect with us

Transport

Roissy et Orly : les 8,2 milliards vont-ils vraiment faciliter les accès aux aéroports en voiture ?

Published

on

Hall du terminal 2E aéroport Roissy CDG

Le Groupe ADP et l’État se sont accordés sur un projet d’investissement de
8,2 milliards d’euros pour moderniser les aéroports parisiens entre 2027 et 2034.
Parkings, circulation, bornes de recharge, dépose-minute et transports collectifs :
que peut réellement changer ce programme pour les automobilistes et les voyageurs ?

Huit milliards d’euros pour moderniser les aéroports parisiens : le montant est considérable.
Pourtant, pour un automobiliste qui doit rejoindre Roissy-Charles-de-Gaulle ou Paris-Orly,
la question est beaucoup plus simple.

Sera-t-il demain plus facile d’accéder à son terminal, de trouver un parking,
de déposer un passager ou de recharger une voiture électrique ?

Le Groupe ADP et l’État ont annoncé un accord sur le projet de contrat de régulation
économique couvrant la période 2027-2034. Le programme doit moderniser les infrastructures
et permettre d’accueillir jusqu’à 18 millions de passagers supplémentaires à Roissy et Orly,
sans construire un nouveau terminal géant.[1]

Mais cette transformation poursuit deux objectifs qui ne vont pas nécessairement dans
la même direction : absorber davantage de voyageurs tout en encourageant l’utilisation
des transports collectifs.

La voiture conservera donc une place importante dans l’accès aux aéroports,
sans être forcément la grande gagnante du futur plan ADP.

Un programme de 8,2 milliards d’euros encore en cours de finalisation

Le contrat de régulation économique doit encadrer les investissements réalisés par
Aéroports de Paris entre le 1er janvier 2027 et le 31 décembre 2034.

L’enveloppe concerne le périmètre régulé du système aéroportuaire francilien :
Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget. Une grande partie des enjeux
liés au transport de passagers se concentre toutefois sur Roissy et Orly.

Le programme prévoit notamment :

  • la modernisation des contrôles et des parcours voyageurs ;
  • la rénovation des infrastructures existantes ;
  • l’augmentation de la capacité de certains terminaux ;
  • la transformation des installations de traitement des bagages ;
  • le développement des correspondances ferroviaires ;
  • la rénovation de plusieurs parkings ;
  • le renforcement des capacités électriques des plateformes.

Une précaution reste indispensable : le contrat n’est pas encore définitivement signé.
Une consultation des compagnies aériennes doit intervenir, puis l’Autorité de régulation
des transports devra examiner le texte. La conclusion est visée avant la fin de 2026,
pour une application à partir de 2027.[2]

Les grandes orientations sont donc connues, mais certains projets, montants ou calendriers
peuvent encore évoluer avant la version définitive.

L’accès en voiture sera-t-il vraiment plus fluide ?

Le projet de contrat comporte une nouveauté intéressante pour les automobilistes :
le temps nécessaire pour rejoindre les terminaux en voiture doit faire partie des indicateurs
de qualité de service suivis par ADP.

Le document prévoit de mesurer la proportion de passagers ayant effectué leur trajet :

  • en moins de 18 minutes entre le secteur Q9 et la dépose-minute du terminal 2E de Roissy, entre 6 heures et 9 h 30 ;
  • en moins de 12 minutes entre Q9 et le terminal 1 de Roissy sur la même tranche horaire ;
  • en moins de 7 minutes entre le pont de Rungis et la dépose-minute des terminaux 1, 2 et 3 d’Orly, entre 5 heures et 23 h 30.

Ces durées ne constituent pas une promesse individuelle faite à chaque conducteur.
Elles serviront à mesurer la fluidité des accès et son évolution pendant le contrat.
Leur présence montre néanmoins que les conditions routières autour des terminaux sont
officiellement considérées comme une composante de l’expérience des passagers.[3]

Cela ne signifie pas que les embouteillages vont disparaître. Une augmentation de la capacité
des aéroports peut aussi entraîner davantage de véhicules particuliers, de taxis, de VTC,
de navettes et d’autocars.

Des voies mieux organisées peuvent être rapidement rattrapées par la croissance du trafic.
La réussite du plan dépendra donc autant des aménagements routiers que de la capacité d’ADP
à répartir les flux et à proposer des alternatives crédibles à la voiture.

à lire également :  Aston Martin F1 3 milliards: vente stratégique
Plan ADP : bénéfices possibles et principales inconnues pour les automobilistes
Évolutions annoncéesCe qui reste à préciser
Suivi du temps d’accès aux terminauxEffet réel de la hausse du trafic sur les embouteillages
Rénovation de plusieurs parkingsTarifs futurs et disponibilité pendant les travaux
Installation de bornes de rechargeRéservation, puissance, prix et gestion des longues durées
Meilleures correspondances avec le train et le métroPart des voyageurs qui abandonneront réellement la voiture

95 millions d’euros pour transformer plusieurs parkings

Le projet consacre 95 millions d’euros à la revalorisation de certains parcs de stationnement.

À Roissy-Charles-de-Gaulle, les parkings concernés sont les parcs P1, PEF et PR.
À Paris-Orly, le programme porte sur les parkings P2 et P4a.

Les travaux annoncés doivent permettre :

  • de réaménager les structures et les services ;
  • de revoir l’organisation des places ;
  • d’améliorer la qualité d’accueil ;
  • de développer l’électrification des emplacements ;
  • d’installer davantage de bornes de recharge.

Les livraisons doivent être échelonnées jusqu’en 2034.[3]
Cette modernisation peut rendre le stationnement plus lisible et plus pratique,
mais elle ne permet pas de conclure que les parkings deviendront moins chers.

Le prix dépendra toujours de la proximité du terminal, de la durée, de la réservation,
de la période de fréquentation et du niveau de service. Avant un départ, notre
comparatif des parkings de l’aéroport d’Orly
permet déjà de comparer les solutions selon le budget et la durée du séjour.

Le contrat prévoit également un nouveau parking au sud de la plateforme d’Orly,
destiné aux salariés et aux passagers. Il doit être relié aux terminaux par une navette,
avec une livraison attendue en 2029.[3]

Ce type de stationnement peut augmenter l’offre disponible, mais il impose un arbitrage classique :
s’éloigner du terminal pour bénéficier d’une solution potentiellement plus économique,
au prix d’un transfert supplémentaire et d’un temps de trajet moins prévisible.

Davantage de bornes, mais pour quel usage ?

Le développement de la recharge constitue l’un des éléments les plus intéressants du projet
pour les conducteurs de voitures électriques.

Au-delà des 95 millions consacrés aux parkings, le programme prévoit une enveloppe de
363 millions d’euros pour la production d’énergie et l’électrification des opérations.
Elle doit notamment accompagner l’adaptation des infrastructures électriques des plateformes.[3]

L’annonce est positive, mais le nombre de bornes ne suffit pas à évaluer la qualité d’un service.
Un parking d’aéroport présente une particularité : une voiture peut rester immobilisée plusieurs jours,
alors que sa batterie n’a besoin que de quelques heures pour être chargée.

Plusieurs questions doivent donc être résolues :

  • Pourra-t-on réserver une place équipée d’une borne ?
  • La recharge sera-t-elle comprise dans le tarif du parking ?
  • Un supplément sera-t-il facturé au kilowattheure ou à la durée ?
  • Le véhicule pourra-t-il rester branché une fois la batterie pleine ?
  • Des frais d’occupation seront-ils appliqués après la recharge ?
  • Un service pourra-t-il déplacer la voiture une fois chargée ?
  • Les parkings longue durée proposeront-ils des bornes lentes mieux adaptées à cet usage ?

Une borne rapide n’est pas nécessairement la meilleure solution pour une voiture stationnée
pendant une semaine. Une recharge lente peut être plus adaptée, à condition que le voyageur soit
certain de retrouver son véhicule suffisamment chargé à son retour.

Le véritable progrès ne consistera donc pas seulement à installer davantage de prises.
Il faudra proposer un parcours clair : réservation, disponibilité garantie, tarification lisible
et absence de pénalité injustifiée lorsque le propriétaire se trouve à plusieurs centaines
ou milliers de kilomètres.

Cette question rejoint les difficultés déjà observées lors des grands départs,
lorsque la disponibilité des points de charge devient un facteur de tension.
Notre analyse sur la saturation des bornes de recharge sur les grands axes montre pourquoi la quantité de bornes
ne suffit pas sans organisation adaptée.

Dépose-minute, taxis et VTC : la proximité pourrait devenir plus encadrée

Pour de nombreux voyageurs, venir à l’aéroport en voiture ne signifie pas y stationner.
Les déposes-minute sont utilisées par les proches, les taxis, les VTC, les navettes et les services hôteliers.

Ces zones doivent absorber beaucoup de véhicules pendant des périodes très courtes,
souvent aux mêmes heures. Une meilleure organisation peut réduire les files d’attente,
les demi-tours et les erreurs de terminal.

à lire également :  Quelle est l'avancement des discussions concernant la voie réservée sur le périphérique?

Mais la fluidification peut aussi passer par :

  • un contrôle plus strict des durées d’arrêt ;
  • la lecture automatisée des plaques d’immatriculation ;
  • le déplacement de certaines zones de dépose ;
  • la séparation plus nette entre particuliers, taxis, VTC et navettes ;
  • la création de zones plus éloignées pour les arrêts prolongés.

Le programme ne permet pas encore de connaître les futures règles tarifaires de chaque zone.
Les voyageurs devront notamment surveiller la durée de gratuité, l’emplacement des entrées
et les modalités de sortie.

Trouver son chauffeur restera un enjeu

La modernisation des terminaux ne sera réellement utile que si le voyageur peut facilement
rejoindre le véhicule qu’il a réservé.

À Orly, les points de prise en charge VTC varient déjà selon le terminal.
Un passager qui se rend au mauvais niveau ou à la mauvaise sortie peut perdre plusieurs minutes.
Notre guide explique où retrouver un Uber ou un VTC à Orly selon son terminal.

Les travaux pourraient entraîner des déplacements temporaires des zones de prise en charge,
des cheminements piétons plus longs, des restrictions de circulation ou une signalisation provisoire.

Du point de vue du voyageur, une zone VTC éloignée peut fluidifier la circulation devant
le terminal, mais rendre le service moins pratique avec des enfants, plusieurs valises
ou une mobilité réduite.

La qualité d’un transfert dépend donc autant du point de rendez-vous et du suivi du vol
que du véhicule utilisé. Cette logique est détaillée dans notre article consacré au
transfert privé vers les aéroports de Paris en Tesla.

Le train et le métro doivent rendre la voiture moins indispensable

Le plan ADP ne cherche pas uniquement à faciliter l’accès routier.
Il vise aussi à améliorer les correspondances entre l’avion, le train, le métro
et les autres modes de transport.

À Roissy, le projet prévoit notamment un hall intermodal à proximité des gares du terminal 2
et des adaptations liées au développement des nouvelles liaisons ferroviaires.

Cette orientation peut rendre la voiture moins attractive pour les voyageurs qui :

  • voyagent seuls ;
  • ont peu de bagages ;
  • partent depuis une zone directement reliée au réseau ;
  • ne souhaitent pas payer plusieurs jours de parking ;
  • peuvent rejoindre leur terminal sans correspondance complexe.

La voiture restera cependant pertinente pour les familles, les groupes,
les départs très matinaux, les trajets depuis les zones périphériques
et les voyageurs transportant des bagages nombreux ou volumineux.

Le plan ne cherche pas à supprimer la voiture des aéroports,
mais à la replacer dans un système où elle devra cohabiter avec des transports collectifs
plus accessibles et plus compétitifs.

Il n’existera donc pas un moyen de transport systématiquement supérieur.
Le choix dépendra davantage du nombre de voyageurs, du point de départ,
de la durée du séjour et de la quantité de bagages.

Jusqu’à 18 millions de passagers supplémentaires : le paradoxe des embouteillages

La hausse annoncée des capacités constitue le principal paradoxe du programme.
ADP veut améliorer l’efficacité des terminaux tout en accueillant potentiellement
jusqu’à 18 millions de passagers supplémentaires à Roissy et Orly.

Même avec une progression des transports collectifs, une partie de ces voyageurs
continuera d’utiliser une voiture personnelle, un taxi, un VTC, un véhicule de location,
une navette d’hôtel ou un autocar.

La modernisation pourra donc améliorer la circulation à certains endroits tout en
augmentant la pression globale sur les accès. Les gains dépendront de la capacité à répartir
les flux, à éviter les arrêts prolongés devant les terminaux et à proposer des alternatives
crédibles à la voiture individuelle.

Pour l’automobiliste, l’aéroport de demain pourrait être mieux organisé,
mais aussi plus réglementé.

Huit années de travaux avant de profiter du résultat

La transformation doit se dérouler entre 2027 et 2034. Pendant cette période,
les voyageurs pourront rencontrer des situations moins confortables avant de bénéficier
des nouvelles infrastructures.

Les perturbations peuvent prendre différentes formes :

  • fermetures temporaires de voies ;
  • déviations ;
  • parkings partiellement indisponibles ;
  • changement d’emplacement des déposes-minute ;
  • accès provisoires ;
  • cheminements piétons allongés ;
  • travaux à proximité des gares et des terminaux.

Toutes ces difficultés ne se produiront pas simultanément. Elles évolueront selon
le calendrier de chaque chantier. Un itinéraire mémorisé plusieurs mois auparavant
pourra ne plus correspondre à l’organisation du jour.

Les sept vérifications à effectuer avant de partir

  1. Confirmer le terminal exact du vol.
  2. Vérifier que le parking choisi est ouvert et accessible.
  3. Contrôler le temps de transfert entre le parking et l’aérogare.
  4. Consulter les règles de la dépose-minute.
  5. Réserver la recharge lorsque cette option est disponible.
  6. Vérifier les horaires et la fréquence des navettes.
  7. Ajouter une marge en fonction de la circulation et des travaux.
à lire également :  Uber lance ses Robotaxis : la fin des chauffeurs VTC ?

Quel mode d’accès choisir pendant les travaux ?

Pour un déplacement court en famille

La voiture peut rester compétitive lorsque le prix du parking est partagé entre plusieurs voyageurs.
Il faut néanmoins réserver tôt et vérifier la distance réelle entre la place et le terminal.

Pour un séjour long

Le coût du stationnement peut dépasser celui d’un aller-retour en VTC ou en taxi.
Un parking éloigné relié par navette peut être intéressant, à condition de prévoir
une marge suffisante au départ comme au retour.

Pour une voiture électrique

La priorité doit être donnée à une place réservable, avec une puissance et une tarification
adaptées à la durée du séjour. Une borne annoncée comme disponible, mais impossible à réserver,
ne doit pas être indispensable pour pouvoir rentrer chez soi.

Pour un voyageur seul depuis Paris

Les transports collectifs peuvent devenir la solution la plus prévisible,
particulièrement lorsque les nouveaux projets ferroviaires seront pleinement opérationnels.

Pour une arrivée tardive avec des bagages

Le taxi, le VTC ou le transfert privé conservent un avantage grâce au service porte-à-porte,
à condition que le point de prise en charge soit clairement identifié.

Questions fréquentes sur le plan ADP à Roissy et Orly

Le contrat d’investissement de 8,2 milliards d’euros est-il définitivement signé ?

Non. L’État et le Groupe ADP se sont accordés sur un projet de contrat.
Une consultation des compagnies aériennes et l’examen de l’Autorité de régulation
des transports doivent encore intervenir. La conclusion est visée avant la fin de 2026.

Les 8,2 milliards concernent-ils uniquement Roissy et Orly ?

Non. Le programme couvre Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget.
Roissy et Orly concentrent toutefois la majorité des flux de passagers concernés par
les accès routiers, le stationnement et les transports collectifs.

Les parkings de Roissy et Orly vont-ils devenir moins chers ?

Rien ne permet de l’affirmer. Le projet prévoit la rénovation de plusieurs parkings,
mais pas une baisse générale des tarifs. Le prix dépendra toujours de la proximité,
de la durée, de la période et du niveau de service.

Y aura-t-il davantage de bornes de recharge ?

Le projet prévoit bien le développement de l’électrification de plusieurs parkings.
Le nombre précis de bornes, leur puissance, leur tarif et les conditions de réservation
devront être détaillés au fur et à mesure des travaux.

Les automobilistes auront-ils plus facilement accès aux terminaux ?

Le temps d’accès en voiture doit être suivi comme un indicateur de qualité.
Cela montre une volonté d’amélioration, mais la hausse du nombre de passagers peut aussi
augmenter le trafic. Le résultat dépendra de l’organisation des flux et du report vers
les transports collectifs.

Quand les travaux commenceront-ils ?

Le programme doit couvrir la période 2027-2034, sous réserve de la conclusion définitive
du contrat. Les calendriers précis dépendront de chaque terminal, parking et infrastructure.

Une modernisation prometteuse, mais pas nécessairement favorable à toutes les voitures

Le programme de 8,2 milliards d’euros peut améliorer en profondeur l’accès à Roissy et Orly.
La rénovation des parkings, le développement de la recharge, le suivi des temps d’accès routiers
et la réorganisation des terminaux constituent de bonnes nouvelles potentielles pour les automobilistes.

Mais le plan ne vise pas à faire entrer toujours plus de voitures au plus près des avions.
Son objectif est plutôt d’absorber une hausse du nombre de voyageurs, de mieux répartir les flux
et d’encourager les modes de transport collectifs.

La voiture devrait donc conserver une place importante, mais dans un environnement
plus organisé, plus électrifié et probablement plus encadré.

La question n’est finalement pas de savoir si les aéroports de demain resteront accessibles
en voiture. Ils le resteront.

La véritable question est de savoir à quelle distance du terminal,
à quel prix et avec quel niveau de simplicité.

Sources

  1. La Tribune — Groupe ADP : accord avec l’État pour un projet de 8,2 milliards d’euros.
  2. Ministère de la Transition écologique — Accord sur le plan d’investissement des aéroports parisiens.
  3. Groupe ADP — Projet de contrat de régulation économique 2027-2034.