Transport
Comment Uber rejette les accusations de traite d’êtres humains visant sa plateforme

Cinq chauffeurs VTC, soutenus par le syndicat FO INV, ont déposé plainte contre Uber pour traite d’êtres humains. Leur avocat, Maître Samir Kahoul, estime que le dossier doit permettre d’ouvrir un débat judiciaire sur le modèle de la plateforme et ses conséquences sur les chauffeurs.
Selon lui, Uber aurait mis en place un système de recrutement à grande échelle visant principalement des travailleurs en situation de précarité. L’objectif, d’après la plainte, serait de les placer dans une forme de dépendance économique, les obligeant à multiplier les heures de connexion pour obtenir un revenu suffisant.
Les plaignants affirment que leurs conditions de travail se sont fortement dégradées au fil du temps. Leur avocat évoque notamment des problèmes de santé mentale, des douleurs physiques chroniques, de l’arthrose ou encore des troubles liés aux longues heures passées au volant. Il explique que certains chauffeurs se retrouvent contraints de travailler jusqu’à 12 ou 13 heures par jour, parfois tous les jours, afin de dégager un salaire.
Maître Samir Kahoul reconnaît que cette plainte est ambitieuse, car la traite d’êtres humains reste rarement invoquée dans ce type de situation. Il considère toutefois que les éléments soulevés justifient au minimum une enquête et un débat public sur les pratiques des plateformes numériques.
De son côté, Uber rejette fermement ces accusations. L’entreprise affirme que les chauffeurs utilisant son application sont des professionnels indépendants exerçant dans un cadre réglementé, avec des droits et des obligations. Elle assure également rester ouverte aux discussions sur le fonctionnement des plateformes et rappelle que des accords ont déjà été conclus, notamment sur les revenus des chauffeurs.
Uber indique vouloir poursuivre la négociation collective afin d’améliorer les conditions d’activité des chauffeurs. L’entreprise conteste donc toute accusation d’exploitation ou de traite d’êtres humains, tout en défendant son modèle et le cadre juridique dans lequel elle opère.
Cette plainte intervient dans un contexte plus large de critiques visant les plateformes numériques. Quelques mois plus tôt, Deliveroo et Uber Eats avaient déjà été visées par une procédure similaire engagée par des associations de livreurs.













