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Tesla Cybertruck : 161 000 km parcourus en seulement un an par un chauffeur

Imaginez monter dans un Lyft à Nashville et découvrir que votre chauffeur roule dans un Tesla Cybertruck tout juste sorti des chaînes de production. C’est exactement ce que vivent les passagers de ce conducteur américain, qui a fait de ce mastodonte électrique son principal gagne-pain. Loin de se contenter d’un usage occasionnel, il a exploité ce pick-up sans relâche sur les routes du Tennessee, enchaînant les courses jusqu’à atteindre le cap symbolique des 100 000 miles, soit près de 161 000 kilomètres, en l’espace d’une seule année au volant de son Tesla Cybertruck Foundation Series.
Connu sous le pseudonyme « LyftDr1ver » sur les forums dédiés aux propriétaires de Cybertruck, ce chauffeur professionnel a mis son véhicule en service dès sa réception, au début de l’année 2024. Les retours des passagers se sont révélés très positifs. Beaucoup saluaient le volume intérieur généreux, le toit panoramique ou encore le confort de conduite. « Les passagers complimentent souvent l’espace, le toit panoramique et la ‘conduite douce’. Je suis assez sûr que c’est surtout le conducteur, pourtant », plaisante-t-il sur le forum, tel que le rapporte SupercarBlondie. Avec des sessions de conduite pouvant dépasser les sept heures et demie d’affilée, le kilométrage s’est accumulé à une vitesse impressionnante, jusqu’au jour où une défaillance inattendue est venue perturber cette belle mécanique.
Un Cybertruck Foundation Series poussé dans ses retranchements sur les routes de Nashville
Le véhicule concerné est un Tesla Cybertruck Foundation Series 2024 équipé de deux moteurs électriques, appartenant aux tout premiers exemplaires livrés aux clients. Déployé presque exclusivement pour du transport avec chauffeur dans l’agglomération de Nashville, il a multiplié les trajets en ville comme en périphérie, parfois pendant plus de sept heures consécutives. À ce régime soutenu, le pick-up a tenu la distance sans incident majeur. Les pneumatiques d’origine ont commencé à montrer des signes d’usure sérieux aux alentours des 40 000 miles, soit 64 000 kilomètres, avant d’être remplacés par des Michelin Defender Platinum LTX, pour une facture avoisinant les 2 500 dollars, soit environ 2 300 euros.
Passé le cap des 100 000 miles, l’état général du véhicule demeurait plutôt rassurant pour un modèle aussi récent. L’autonomie maximale a reculé, passant d’environ 340 miles à 299 miles, soit une dégradation de la batterie de l’ordre de 12 %. Ce chiffre reste toutefois supérieur au seuil minimal de 70 % de capacité prévu par la garantie batterie et groupe motopropulseur de Tesla, laquelle court sur 8 ans ou 150 000 miles selon le premier terme atteint. Le point fort du Cybertruck dans cet usage intensif, c’est indéniablement son coût énergétique très bas. D’après les données partagées par le chauffeur, la recharge revenait à seulement 4 centimes de dollar par mile, contre environ 21,7 centimes pour un pick-up thermique de gabarit comparable, soit plus de cinq fois moins. En pratique, cela représentait une dépense journalière autour de 12 dollars pour l’électricité, soit approximativement 350 dollars par mois, environ 325 euros, ce qui restait largement avantageux face à un concurrent à essence.
Le Power Conversion System : une avarie hors garantie à plus de 7 000 dollars qui rebat les cartes
Aux alentours des 60 000 miles, un composant essentiel du système électrique du véhicule a rendu l’âme : le Power Conversion System, plus couramment désigné par l’acronyme PCS. Ce module assure la gestion des flux d’énergie entre la batterie, les moteurs électriques et le système de recharge embarqué. Ce n’est pas une pièce d’usure ordinaire, comparable à un jeu de pneus ou des plaquettes de frein. Pourtant, Tesla a facturé son remplacement — une révision E remplacée par une version F — à hauteur de 7 200 dollars, soit environ 6 700 euros. Ajoutés aux 2 500 dollars déboursés pour les pneumatiques, la note totale dépasse les 9 200 dollars, soit près de 8 600 euros. Le chauffeur ne cache pas son amertume face à ce montant : « Tesla ne fait preuve d’aucune pitié quand vous êtes hors garantie — littéralement — aucune », écrit-il sans ambages sur le forum.
Cette situation découle directement de la structure de garantie proposée par Tesla sur ce modèle. Sur le Cybertruck 2024, la garantie générale couvre 4 ans ou 50 000 miles, tandis que la batterie et la transmission bénéficient d’une couverture étendue à 8 ans ou 150 000 miles. Le Power Conversion System se retrouve quant à lui dans un angle mort contractuel. Sur ce véhicule précis, il a été considéré comme exclu de la garantie dès 60 000 miles. Les Cybertruck du millésime 2026 profitent, eux, d’une garantie ZEV sur 7 ans ou 70 000 miles intégrant explicitement le PCS. Tesla a par ailleurs déployé au printemps 2026 une mise à jour logistique à distance ciblant les véhicules recensés avec cette panne, et proposé une période de Supercharging offert, sans pour autant déclencher un rappel officiel.
Sur l’ensemble des 100 000 miles parcourus, l’économie réalisée sur le carburant par rapport à un pick-up à essence équivalent est estimée à 17 700 dollars, environ 16 400 euros. Après déduction des dépenses exceptionnelles, le gain net avoisinerait les 8 000 dollars, soit approximativement 7 400 euros. Un bilan positif sur le papier, mais que la panne du PCS et le remplacement des pneus ont sérieusement rogné. Cette aventure soulève une réalité que tout conducteur professionnel connaît bien : un coût d’exploitation quotidien très compétitif ne constitue jamais une protection absolue contre une réparation lourde et imprévue.













