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Tesla 10/10 : ce qui a impressionné le patron de Ferrari

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Tesla 10/10 : ce qui a impressionné le patron de Ferrari

Benedetto Vigna, le patron de Ferrari, ne boude pas son plaisir depuis la présentation du nouveau Roadster de Tesla. Invité d’une conférence du magazine italien Quattroruote, il a donné un 10 sur 10 à la technologie de la voiture et un second 10 sur 10 à la manière dont elle a été dévoilée. Il a surtout souligné le talent d’Elon Musk pour faire rêver les gens dans une industrie automobile pourtant arrivée à maturité. Ce satisfecit mérite qu’on s’y attarde. Ferrari et Tesla défendent deux conceptions très éloignées de l’automobile, mais toutes deux savent qu’une voiture peut être bien plus qu’un moyen de transport : un étendard, une vitrine technologique, un objet de désir.

Un Roadster qui mise tout sur le show

C’est le 15 octobre dernier que Tesla a levé le voile sur son Roadster, près de neuf ans après la première présentation de cette seconde génération. Elon Musk n’a pas opté pour la sobriété. Lors de la démonstration organisée au Texas, le véhicule a réalisé des manœuvres dans les airs grâce à des propulseurs dérivés des technologies de SpaceX, la société spatiale du milliardaire. Nous sommes très loin du lancement habituel d’une voiture de sport. Tesla a fait de cette présentation une véritable vitrine d’ingénierie, avec une idée en tête : prouver que l’électrique sait encore créer la surprise.

Il convient toutefois de ne pas confondre numéro d’illusionniste et produit prêt à être vendu. Rien n’indique que toutes ces fonctions équiperont un modèle de série homologué pour circuler sur route ouverte. Les conditions d’usage de ces propulseurs, comme leur légalité sur la voie publique, demeurent floues. N’oublions pas non plus que Tesla a plusieurs fois décalé la sortie de ce modèle, annoncé dès 2017. Les investisseurs peuvent donc applaudir le spectacle tout en gardant des réserves sur le calendrier. Les marchés ont d’ailleurs réagi de façon nuancée : l’action Tesla a d’abord grimpé, mais les analystes doutent encore de la concrétisation réelle du projet.

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Quand l’avis des autres nourrit la création

Le dirigeant de Ferrari ne s’est pas contenté de saluer son rival américain. Ses propos tombent à un moment clé : le constructeur italien s’apprête à lancer la Luce, son tout premier modèle 100 % électrique, conçu avec Jony Ive, ex-responsable du design chez Apple, et son studio LoveFrom. Depuis sa présentation, ce projet ne laisse personne indifférent. Des observateurs ont critiqué son style et ses partis pris esthétiques, tandis que certains investisseurs se demandent si Ferrari saura transposer son identité à l’ère de l’électrique.

Pour Benedetto Vigna, faire appel à des talents extérieurs a précisément permis à la marque d’explorer des voies qu’une équipe travaillant en vase clos n’aurait sans doute jamais empruntées. Selon lui, le dialogue avec des personnes étrangères à la maison a conduit à poser d’autres questions, donc à trouver d’autres réponses. Le rapprochement avec Tesla est instructif. Le Roadster veut repousser ce que l’on peut attendre d’une sportive électrique, quand la Luce doit ouvrir un nouveau chapitre pour Ferrari sans recopier les codes de ses modèles thermiques. Dans les deux cas, le défi ne se limite pas à mettre au point une technologie performante : il faut défendre une vision assez puissante pour séduire les clients. L’innovation ne se résume certes pas à la hauteur d’un saut ni à une démonstration spectaculaire. Mais, comme le souligne Benedetto Vigna, même dans une industrie centenaire, il reste de la place pour les idées qui donnent envie de regarder la prochaine voiture d’un œil neuf.