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Transport

Trottinettes électriques : nouvelles règles strictes en Espagne

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Trottinettes électriques : nouvelles règles strictes en Espagne

De l’autre côté des Pyrénées, Madrid vient de franchir le pas en encadrant juridiquement l’usage des trottinettes électriques. Une démarche que la France, où les conducteurs de ces engins évoluent dans un flou réglementaire quasi total, serait bien inspirée d’imiter.

Bordeaux, Lille, Paris, Lyon… difficile aujourd’hui de traverser une grande agglomération française sans croiser une nuée de trottinettes électriques. Si certaines villes ont choisi de bannir les flottes en libre-service de leur espace public — Paris en tête, depuis 2023 — cette décision n’a en rien résolu la question des engins appartenant à des particuliers. Pourtant, ces derniers sont bien rattachés au Code de la route au titre des EDPM, les Engins de Déplacement Personnel Motorisés. Mais dans les faits, la réalité est tout autre : on les voit remonter les voies en sens interdit, slalomer sur les trottoirs bondés à vitesse maximale, téléphone en main, écouteurs vissés aux oreilles, parfois deux voire trois personnes juchées sur le même guidon. La démocratisation rapide de ces véhicules a conduit des milliers d’individus à en acquérir un sans disposer du moindre bagage en matière de sécurité routière ni du sens civique nécessaire à une cohabitation apaisée dans l’espace urbain.

Madrid reprend les rênes de ses voies publiques

Le gouvernement espagnol a officiellement adopté, ce mardi 23 juin, une révision de son Reglamento General de Circulación — l’équivalent ibérique du Code de la route français. Ce texte vise en priorité à mieux protéger les usagers considérés comme vulnérables sur la voie publique, une notion qui intègre désormais expressément les conducteurs de véhicules de mobilité personnelle : trottinettes électriques, monoroues, gyropodes, hoverboards et engins similaires.

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Les nouvelles dispositions s’imposent sans dérogation possible. Première mesure phare : nul ne pourra conduire ce type d’engin avant d’avoir atteint l’âge de 15 ans. Par ailleurs, le port du casque devient une exigence incontournable, tout comme celui d’un gilet rétroréfléchissant dès lors que la visibilité est réduite ou que la nuit est tombée. Tout manquement à l’une ou l’autre de ces deux obligations sera considéré comme une infraction grave, passible d’une amende de 200 euros.

Les travailleurs des plateformes de livraison — Glovo, Uber Eats, Just Eat ou leurs concurrents — ainsi que tous les professionnels se déplaçant sur ces engins dans le cadre de leur activité, devront eux aussi porter le casque sans exception. Mais leur régime se distingue sur un point : le gilet de haute visibilité leur sera imposé en toutes circonstances, y compris en pleine journée, indépendamment des conditions météorologiques ou lumineuses.

Autre obligation introduite par cette réforme : les feux devront rester allumés en continu, de jour comme de nuit, à l’image de ce qui est déjà exigé pour les motocyclettes sur les routes espagnoles.

L’ensemble de ce dispositif prendra effet au 1er octobre 2026, à l’exception de la règle relative à l’éclairage permanent, dont l’entrée en vigueur a été repoussée à octobre 2027. Ce calendrier échelonné apparaît comme un choix raisonné : il offre aux usagers plusieurs mois pour se procurer les équipements requis avant d’être soumis aux contrôles. Si l’on peut s’attendre à quelques grognements au moment de la mise en application, la Guardia Civil est réputée pour faire preuve d’une rigueur nettement supérieure à celle de la police municipale française, et les contrevenants auront peu de chances de passer entre les mailles du filet.