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Taxe au kilomètre sur les voitures électriques : la France s’y prépare-t-elle aussi ?

Le parc automobile français connaît une transformation profonde avec l’essor continu des véhicules électriques. Cette dynamique n’est pas le fruit du hasard : les pouvoirs publics multiplient les incitations pour encourager les automobilistes à abandonner les motorisations traditionnelles au profit de l’électrique, considéré comme une alternative plus vertueuse pour l’environnement. Pourtant, cette transition énergétique cache un revers de médaille non négligeable.
En effet, l’augmentation du nombre de VE entraîne mécaniquement une diminution de la consommation de carburant traditionnel. Or, ce dernier constitue une ressource fiscale majeure pour l’État français, avec une taxation dépassant 60 % en France. Cette baisse de consommation représente donc un trou financier conséquent pour les finances publiques. Face à cette problématique, le gouvernement britannique a récemment dévoilé une solution originale. Décryptage.
Une nouvelle contribution pour les électriques ?
À partir d’avril 2028, le Royaume-Uni s’apprête à mettre en place une redevance kilométrique spécifiquement dédiée aux véhicules 100 % électriques. Baptisée « Electric Vehicle Excise Duty » (eVED), cette taxe a pour objectif clairement affiché de pallier le manque à gagner fiscal généré par la désaffection progressive des carburants fossiles. Son fonctionnement repose sur une logique proportionnelle : plus le véhicule électrique parcourt de distance, plus son conducteur devra payer.
Concrètement, les propriétaires de voitures 100 % électriques verront leur facture s’alourdir de 3 pences par mile parcouru, ce qui équivaut approximativement à 2,2 centimes d’euro par kilomètre. Un traitement plus favorable est réservé aux propriétaires d’hybrides rechargeables, qui bénéficieront d’un tarif divisé par deux, fixé à 1,5 penny par mile.
Selon les estimations avancées, cette nouvelle taxe pourrait représenter un coût annuel de plusieurs centaines d’euros pour les automobilistes britanniques concernés. Les autorités du Royaume-Uni comptent d’ailleurs sur ce dispositif pour générer des recettes dépassant le milliard de livres sterling dès sa première année d’application. Sur le plan pratique, cette mesure viendra s’intégrer aux procédures administratives existantes liées aux véhicules. Les conducteurs auront ainsi l’obligation de communiquer le kilométrage parcouru par leur voiture.
Ces déclarations seront ensuite croisées et vérifiées par les autorités compétentes à l’occasion du contrôle technique obligatoire. Ce contrôle permettra alors d’ajuster précisément le montant dû en fonction de la distance réellement parcourue par le véhicule électrique ou hybride rechargeable.
Quelle stratégie pour l’Hexagone ?
Cette initiative britannique soulève naturellement une question légitime : la France pourrait-elle emboîter le pas à son voisin en instaurant un dispositif comparable sur son territoire ? La problématique est en effet similaire de ce côté de la Manche, où les ventes de voitures électriques ne cessent de progresser année après année. Cette croissance s’accompagne inévitablement d’un recul de la consommation d’essence et de diesel, entraînant par ricochet une érosion des recettes fiscales qui y sont associées.
Il faut rappeler que la taxation des carburants fossiles représente une manne financière conséquente pour les caisses de l’État, contribuant notamment au financement des infrastructures routières et des différentes politiques liées à la mobilité. La chute progressive de la demande en carburants fossiles pourrait donc générer un déficit budgétaire significatif, comme l’a démontré une analyse réalisée par la Direction générale du Trésor.
Cette étude prévoit que le basculement massif vers l’électrique pourrait engendrer une perte de 13 milliards d’euros de recettes fiscales annuelles d’ici 2035. Cette somme pourrait même grimper au-delà des 30 milliards d’euros à l’horizon 2050. Face à cette perspective, l’État français sera contraint, tôt ou tard, de repenser en profondeur son système de fiscalité automobile, particulièrement si les motorisations thermiques venaient à devenir minoritaires sur les routes.
Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été formulée en ce sens par le gouvernement, comme le rapporte BFM TV. Néanmoins, plusieurs pistes de réflexion pourraient être envisagées dans les mois ou années à venir. L’instauration d’une taxe kilométrique fait effectivement partie des options envisageables, sans pour autant être la seule solution sur la table. Les autorités françaises pourraient tout aussi bien opter pour un relèvement de certaines taxes liées à l’immatriculation des véhicules.
Une autre alternative résiderait dans une refonte globale du système de fiscalité applicable aux différentes catégories de véhicules, qu’ils soient thermiques, hybrides ou électriques. D’autres dispositifs innovants pourraient également voir le jour afin de faire participer davantage les automobilistes au financement des infrastructures de transport, dans un contexte où le modèle fiscal traditionnel basé sur les carburants fossiles montre progressivement ses limites.












