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Geely : production de voitures électriques en Europe confirmée pour 2028

C’est à l’occasion de la présentation des résultats financiers du premier semestre que An Conghui, à la tête de Geely, a dévoilé un projet majeur : le constructeur chinois s’apprête à utiliser les sites de production européens de Volvo pour fabriquer ses modèles premium, avec un démarrage de la production industrielle prévu pour 2028. Cette information n’est pas totalement inédite puisque le groupe avait déjà évoqué cette possibilité en juillet dernier, en lien avec l’usine Volvo de Gand. Le patron de Geely a néanmoins tenu à réaffirmer cette ambition le 18 août dernier, lors d’une prise de parole devant les investisseurs.
Volvo, la clé d’entrée de Geely sur le sol européen
Pour bien comprendre cette stratégie, il convient de revenir sur quelques événements récents. Le 18 août 2026 marque en effet un tournant pour Geely Automobile Holdings : Li Shufu, fondateur du groupe, a renoncé à sa présidence ainsi qu’à son siège au conseil d’administration après vingt années à ce poste. Il conserve toutefois le titre honorifique de président à vie et garde la main sur les participations du groupe. L’homme d’affaires continue également de diriger Zhejiang Geely Holding Group, la structure faîtière qui possède 78,7 % de Volvo Cars. C’est précisément ce lien capitalistique qui ouvre grand les portes de l’Europe à Geely. An Conghui a désormais pris les rênes de Geely Automobile en tant que président.
Sur le continent européen, Volvo dispose actuellement de deux sites de fabrication : l’un implanté à Torslanda en Suède, l’autre à Gand, en Belgique. Un troisième site verra le jour en 2027, à Košice en Slovaquie. Le dirigeant chinois n’a cependant pas révélé quel site précis accueillerait la production des véhicules du groupe. Tout indique néanmoins que Gand tient la corde, Volvo Cars ayant paraphé une lettre d’intention avec les autorités belges fédérales et flamandes concernant le futur de son implantation locale.
Rappelons que Geely Automobile Holdings chapeaute désormais quatre marques distinctes : Geely, Geely Galaxy, Zeekr et Lynk & Co. La première segmentation vise le haut de gamme via Zeekr, tandis que Lynk & Co cible plutôt une clientèle jeune et urbaine. Sur le marché européen, on pourrait ainsi voir sortir des lignes de production le Lynk & Co 900, ainsi que les Zeekr 9X et 8X. Cette localisation industrielle n’a évidemment rien d’anodin pour un fabricant automobile venu de Chine : produire sur le territoire européen permet de contourner les taxes douanières appliquées aux importations de voitures électriques chinoises. Cette facture peut s’avérer particulièrement lourde, atteignant jusqu’à 45,3 % au total en cumulant les 10 % de droits de douane standards à l’importation.
Une méthode d’implantation déjà éprouvée en Europe
Ce recours aux capacités industrielles existantes n’est pas une nouveauté pour Geely. Le mois précédent, le groupe avait déjà pris une participation de 34 % dans une coentreprise formée avec Ford, portant sur le site de production de Valence, en Espagne. Là aussi, l’échéance est fixée à 2028, année durant laquelle deux modèles de la marque chinoise devraient sortir de cette usine ibérique.
Sur le plan financier, Geely Automobile affiche une santé insolente : le chiffre d’affaires du premier semestre 2026 s’élève à 173,6 milliards de yuans, soit environ 21 milliards d’euros, ce qui représente une progression de 15 % par rapport à l’année précédente. Les bénéfices, eux, bondissent de 46 %, tandis que les exportations connaissent une envolée spectaculaire de 158 %. Concrètement, les livraisons à l’international totalisent 474 228 véhicules, un volume qui a plus que doublé en l’espace d’un an.
Mais ce tableau flatteur cache une réalité bien plus contrastée sur le marché domestique chinois, où la situation devient préoccupante. Sur les sept premiers mois de 2026, le Geely EX2, pourtant modèle phare et véritable locomotive commerciale du groupe, n’a séduit que 226 465 acheteurs, soit un recul de 9,1 % sur un an. La guerre des prix qui fait rage en Chine rend le marché intérieur de plus en plus intenable, avec des ventes en berne pour la plupart des constructeurs. Face à ce constat, Geely suit désormais la même voie que BYD ou XPENG, en misant massivement sur les débouchés internationaux, l’Europe en tête, pour compenser cet essoufflement local.
Le groupe chinois exploite aujourd’hui 12 usines à l’extérieur de la Chine et a étendu sa présence commerciale à 114 marchés, s’appuyant sur un réseau de plus de 2 000 points de vente. Une fois l’ensemble de ses capacités pleinement opérationnelles, la production annuelle globale devrait grimper de 650 000 à 840 000 véhicules. Plutôt que de construire de nouvelles usines sur le sol européen, Geely a donc fait le choix pragmatique de s’appuyer sur les infrastructures déjà disponibles au sein de son propre écosystème.













