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Vols de câbles de charge : une députée attaque le gouvernement

Depuis plusieurs années, l’État multiplie les dispositifs pour convaincre les automobilistes de franchir le pas de la voiture électrique, et le déploiement des bornes de recharge en est l’un des principaux leviers. Le pays compte désormais plus de 200 000 points de charge, ce qui simplifie nettement la vie des conducteurs de véhicules électriques. Pourtant, le tableau n’est pas aussi idyllique qu’il y paraît. Un phénomène prend en effet de l’ampleur depuis quelque temps : le vol de câbles sur les stations. Les voleurs convoitent le cuivre qu’ils renferment, un métal très recherché dont la revente leur rapporte gros. Un trafic lucratif, qui ne cesse de progresser.
Des vols de câbles en pleine expansion
Ces larcins provoquent de sérieux désagréments, aussi bien pour les exploitants de bornes que pour les automobilistes qui comptent sur elles. Certains responsables politiques jugent que la situation a assez duré. C’est notamment le cas d’Olga Givernet, députée de l’Ain. Dans une question publiée sur le site de l’Assemblée nationale, elle interpelle directement le gouvernement et l’invite à prendre des mesures concrètes pour enrayer ces vols. Sa demande principale : que l’État étudie la possibilité de ranger les stations de recharge dans la catégorie des infrastructures critiques, c’est-à-dire des installations indispensables au bon fonctionnement du pays.
Aujourd’hui, les réseaux d’électricité ou les infrastructures ferroviaires jouissent déjà de ce statut, mais pas les bornes de recharge. Or une telle reconnaissance changerait la donne. Elle permettrait de mieux protéger les équipements concernés et de prendre en compte leur rôle stratégique. À mesure que le parc électrique grandit, les bornes rapides prennent une place croissante dans les trajets des Français. Leur bon fonctionnement devient donc un enjeu majeur, que ce soit pour les déplacements du quotidien ou pour les longs voyages.
Une recrudescence qui inquirète le secteur
Pour étayer sa demande, la parlementaire s’appuie sur un texte européen déjà en vigueur : la directive 2022/2557, adoptée en décembre 2022. Son objectif est d’améliorer la résilience des entités qui fournissent des services essentiels. Elle offre aux États membres un cadre pour repérer les infrastructures particulièrement sensibles, afin que les autorités puissent ensuite mieux prévenir les incidents et en atténuer les effets. Olga Givernet souhaite donc que le gouvernement examine l’application de cette logique aux stations de recharge rapide.
L’urgence est réelle, car les vols se répandent partout en France, au détriment de l’ensemble des usagers. D’après Charge France, 850 sites ont déjà été touchés depuis janvier, soit environ 10 % du réseau national de recharge rapide. Autant de bornes hors service pendant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Pour les opérateurs, l’addition est lourde : le préjudice s’élève désormais à 18 millions d’euros, une charge qui pourrait finir par se répercuter sur le tarif de la recharge payé par les conducteurs.
Des sanctions existent bien contre les auteurs de ces vols, et 15 mises en examen ont été prononcées depuis janvier 2026. C’est cependant très peu au regard de l’ampleur du phénomène. Charge France estime d’ailleurs que les poursuites au cas par cas ne suffisent pas et réclame une réponse plus large, mieux coordonnée à l’échelle nationale.













