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Batteries voitures électriques : les mises à jour OTA causent-elles des baisses ?

En Chine, un collectif de consommateurs s’est récemment penché avec attention sur le phénomène des mises à jour logicielles déployées à distance sur les véhicules électriques. Un rapport circonstancié, rendu public il y a peu, compile une multitude de témoignages émanant de conducteurs de véhicules zéro émission. Ces derniers affirment constater une détérioration anormalement rapide de certaines caractéristiques essentielles de leurs voitures, qu’il s’agisse de l’autonomie ou des capacités de recharge. Les mises à jour OTA seraient-elles au cœur du problème ? La question mérite d’être posée sérieusement.
Quand les voitures électriques voient leurs capacités diminuer
Le vieillissement des accumulateurs embarqués dans les voitures électriques est une réalité bien documentée, loin d’être une révélation. Pourtant, depuis plusieurs semaines, un collectif de défense des consommateurs chinois s’est emparé du sujet avec une insistance particulière. En cause : de nombreux propriétaires de véhicules à batterie signalent des baisses de performances survenant de façon soudaine et inexpliquée.
Parmi les griefs les plus fréquemment évoqués figure la perte d’autonomie, parfois dans des proportions considérables. Des modèles affichant initialement une portée annoncée de plus de 500 kilomètres selon le cycle d’homologation chinois CLTC se retrouveraient limités à environ 300 kilomètres en usage réel. Une dégradation que les propriétaires concernés peinent à justifier, d’autant qu’elle semble survenir sans raison apparente liée à l’usure naturelle de la batterie.
La question de la recharge rapide soulève également de vives inquiétudes. Un utilisateur, dont le témoignage a été relayé par le média spécialisé CarNewsChina, indique que son véhicule électrique n’est désormais plus capable d’accepter qu’une puissance de 80 kilowatts lors des sessions de charge en courant continu, alors que le constructeur lui avait garanti une puissance supérieure à 100 kilowatts à l’achat. Conséquence directe : le temps passé à la borne s’allonge sensiblement, pouvant représenter plusieurs dizaines de minutes supplémentaires selon l’amplitude de la perte de puissance constatée.
Les mises à jour envoyées à distance pointées du doigt
En soi, une batterie qui se dégrade progressivement avec le temps et les cycles répétés de charge et de décharge n’a rien d’anormal ni de surprenant. Ce qui trouble davantage le collectif chinois, c’est le caractère prématuré de ces dégradations et, surtout, le fait que plusieurs propriétaires les associent directement à l’installation d’une mise à jour logistielle reçue à distance.
Autrement dit, les conducteurs touchés soupçonnent leurs constructeurs de procéder, via des mises à jour OTA (Over The Air), à un bridage discret des performances de leurs batteries. L’objectif présumé serait de freiner leur vieillissement en limitant artificiellement la capacité utile disponible ainsi que la puissance maximale acceptée lors de la recharge. Le tout sans que ces modifications ne soient clairement mentionnées dans les notes de mise à jour communiquées aux utilisateurs.
Face à ces accusations, les réponses des acteurs du secteur ont été catégoriques. L’Association chinoise des constructeurs automobiles, tout comme des marques aussi importantes que BYD, Tesla ou encore Zeekr, ont fermement rejeté ces allégations. Du côté des autorités, le gouvernement chinois a pris les devants en adoptant, dès le mois de mars dernier, une réglementation spécifique interdisant explicitement aux fabricants de procéder à ce type de verrouillage des batteries par voie de mise à jour logicielle. Il convient également de noter qu’une option demeure accessible aux propriétaires souhaitant garder la main sur leur véhicule : la désactivation des mises à jour à distance, généralement disponible depuis le menu des paramètres du véhicule.













