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Véhicules électriques Renault : des ventes record en pleine expansion

La tension qui règne au Moyen-Orient ne se limite pas aux cartes géopolitiques : elle se ressent désormais directement à la station-service du coin. Confrontés à une envolée des prix du carburant alimentée par les turbulences en Iran, de nombreux automobilistes européens franchissent le pas vers la mobilité électrique. Ce mouvement de masse prend les constructeurs de court, les obligeant à réorganiser leurs chaînes de production dans l’urgence. Renault, dont le losange orne le capot de certains des véhicules électriques les plus populaires du Vieux Continent, se retrouve à devoir gérer une demande qu’il n’avait pas anticipée à cette échelle.
La flambée du pétrole, une aubaine inattendue pour la marque au losange
Depuis l’embrasement du conflit iranien, les commandes de voitures électriques chez Renault ont bondi de 50 % sur des marchés stratégiques tels que la France et l’Allemagne. François Provost, qui a pris la tête du groupe à l’été 2025 en succédant à Luca de Meo, reconnaît ouvertement que la demande dépasse aujourd’hui les capacités de livraison des fournisseurs. Sur le terrain, la psychologie du consommateur est simple : voir le prix du litre d’essence grimper suffit à convaincre les plus hésitants de se tourner vers la prise électrique. Voitures neuves comme d’occasion s’arrachent, portées par le désir des conducteurs de s’affranchir définitivement des aléas du marché pétrolier. Au total, ce sont près d’un million de véhicules électriques qui ont trouvé preneur lors des quatre premiers mois de l’année, soit une progression de 29 % par rapport à la même période l’an passé.
Pour faire face à cet afflux de commandes, Renault a constitué une cellule dédiée chargée d’identifier et de lever les blocages au sein de sa chaîne d’approvisionnement. Plus concrètement, l’introduction de postes de nuit et de rotations supplémentaires est sérieusement envisagée pour le second semestre dans les usines de Douai et de Maubeuge, ainsi que sur le site de Novo Mesto, en Slovénie. Cette réorganisation industrielle menée tambour battant illustre à quel point la dynamique du marché automobile a été bouleversée en quelques semaines à peine. Reste que cette fièvre acheteuse, intimement liée à la crise pétrolière, devrait progressivement retomber une fois la situation stabilisée dans la région.
Renault mise sur sa propre indépendance industrielle
Pour inscrire cette dynamique dans la durée et rendre l’électrique véritablement accessible au plus grand nombre, François Provost défend une stratégie claire. Il milite pour qu’Envision AESC, le fabricant chinois de batteries, produise ses cellules LFP — à base de lithium-fer-phosphate — directement au sein du complexe industriel de Douai. L’intérêt de cette technologie réside dans l’absence de cobalt et de nickel dans sa composition, deux matériaux particulièrement coûteux qui pèsent lourd dans la facture finale. En s’appuyant sur ce type de batteries, déjà largement répandues en Chine, Renault entend faire baisser significativement la part représentée par l’accumulateur dans le prix de vente, afin de proposer des modèles plus compétitifs face à la concurrence.
De l’autre côté du spectre, certains rivaux ont fait des choix radicalement différents. Stellantis, par exemple, a opté pour la location de ses lignes de production européennes sous-exploitées à des marques chinoises comme Leapmotor ou Dongfeng, cherchant ainsi à rentabiliser des capacités dormantes. Chez Renault, cette option est catégoriquement écartée. François Provost reconnaît pourtant recevoir de nombreuses sollicitations en ce sens, mais il refuse fermement de transformer ses sites de production en terrain de jeu pour des concurrents asiatiques. Le patron du groupe insiste par ailleurs sur le fait que ses usines fonctionnent à pleine cadence et qu’il n’est confronté à aucun problème de surcapacité ou d’effectifs en surnombre. Un message clair : Renault entend rester maître chez lui et s’appuyer sur ses propres atouts pour traverser cette période aussi chargée qu’incertaine.













